N’djili : la RVA accusée de brader un patrimoine stratégique
La concession du salon d’honneur de l’aéroport international de N’djili à un opérateur privé libanais pour 15 000 dollars par mois suscite une indignation croissante. Alors que ce service générait près de 40 000 dollars mensuels, la Régie des Voies Aériennes (RVA) prive l’État de plus de 25 000 dollars chaque mois. Une affaire qui met en lumière les dérives de gestion et l’opacité d’un organisme censé protéger les intérêts publics.
Le calcul est impeccable: près de 300 000 dollars de manque à gagner par an. Pour une entreprise publique déjà fragilisée, céder une source de revenus aussi stratégique à un prix dérisoire relève d’une faute de gestion. La RVA, censée incarner la rigueur et la rentabilité, apparaît ici comme l’artisan d’une saignée financière.
Qui a signé ce contrat? Sur quelle base économique? Les conditions de la concession restent entourées de silence. L’absence de transparence nourrit les soupçons de favoritisme et de collusion. En refusant de rendre des comptes, la RVA sape sa propre légitimité et alimente l’idée que ses dirigeants privilégient des intérêts privés au détriment du trésor public.
Ce dossier n’est pas un cas isolé. Il illustre une dérive chronique: la gestion des infrastructures stratégiques sans contrôle ni vision. L’aéroport de N’djili, vitrine internationale du pays, devient le théâtre d’arrangements contestés. La RVA, au lieu de défendre l’intérêt national, se retrouve associée à l’opacité et au gaspillage.
La RVA ne peut se dérober. Elle doit répondre devant les citoyens et les organes de contrôle. Comment justifier qu’un service rentable soit bradé ? Cette affaire appelle des enquêtes parlementaires et judiciaires, mais surtout une remise en cause profonde de la gouvernance de la RVA.
Le contrat du salon d’honneur de N’djili n’est pas seulement une affaire de chiffres. Il révèle une manière de gérer le patrimoine national qui interroge sur la responsabilité de la RVA et, plus largement, sur la conception même de la gouvernance publique. Quand une structure censée protéger les intérêts de l’État choisit de brader une source de revenus stratégique, c’est toute la logique de gestion qui vacille.
Cette affaire oblige à poser une question fondamentale : jusqu’où tolérerons-nous que des organismes publics se comportent comme des caisses privées, au mépris de l’intérêt collectif ? La réponse ne dépend pas seulement des dirigeants de la RVA, mais aussi de la vigilance des citoyens, des parlementaires et des organes de contrôle. Car au fond, ce scandale n’est pas qu’une perte financière : il est un test de notre capacité à exiger des comptes, à défendre la transparence et à protéger ce qui appartient à tous.
Merveille Maleya


