L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) lancent un cri d’alarme sur la situation humanitaire en République démocratique du Congo. Dans un rapport conjoint publié ce mercredi 13 mai, les deux agences qualifient la crise congolaise de « l’une des plus graves au monde ».
Aujourd’hui, plus de 26,5 millions de personnes — soit près d’un Congolais sur quatre — peinent à satisfaire leurs besoins alimentaires de base. Parmi elles, 3,6 millions de personnes se trouvent en situation d’urgence absolue, confrontées à des pénuries critiques qui menacent directement leur survie. Bien que les chiffres affichent une légère baisse par rapport aux pics précédents, la crise demeure plus sévère qu’à la fin de l’année 2025.
« Loin de s’atténuer, la crise s’est enracinée et complexifiée, piégeant des millions de ménages vulnérables dans un cycle de besoins persistants », s’inquiète David Stevenson, directeur de pays du PAM en RDC.
Les déplacements de population aggravent la famine
Les violences armées chroniques dans l’est du pays restent le principal moteur de la faim. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika sont les plus durement touchées. Les affrontements y provoquent des déplacements massifs, détruisent les moyens de subsistance et paralysent les marchés agricoles.
La RDC compte désormais plus de 7,8 millions de déplacés internes. Privées de leurs terres et de leur bétail, ces familles subissent de plein fouet la flambée des prix des denrées et des épidémies récurrentes de choléra, de rougeole et de Mpox.
Alerte rouge sur la malnutrition infantile
L’impact sanitaire sur les plus vulnérables est dramatique. Entre janvier et juin 2026, environ 4,18 millions d’enfants de moins de cinq ans auront besoin d’un traitement d’urgence contre la malnutrition aiguë. Parmi eux, 1,3 million souffrent de sa forme sévère, une condition mortelle en l’absence de prise en charge rapide. Plus de 1,5 million de femmes enceintes ou allaitantes sont également frappées par ce fléau.
Une aide humanitaire largement insuffisante
Face à ce désastre, la réponse financière internationale ne suit pas. Depuis le début de l’année, le PAM n’a pu assister que 1,3 million de personnes, soit une infime fraction des besoins réels.
De son côté, la FAO réclame d’urgence 163 millions de dollars pour distribuer des semences et des outils avant la prochaine saison agricole.
« Chaque saison agricole manquée accroît la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire », prévient Athman Mravili, représentant de la FAO en RDC.
Les deux agences onusiennes appellent la communauté internationale à combiner l’aide d’urgence avec des investissements structurels pour éviter un point de rupture irréversible.
JBK


