Kinshasa: Daniel Bumba veut désengorger la ville en l’immobilisant

Kinshasa: Daniel Bumba veut désengorger la ville en l’immobilisant

0 0
Read Time:1 Minute, 39 Second

La capitale congolaise s’est enlisée dans une torpeur inhabituelle. Ce matin, les grandes artères de la ville, d’ordinaire saturées de klaxons et de moteurs vrombissants, ont été désertées par les transports en commun. Une absence qui n’a rien d’anodin : elle marque le premier jour d’application d’une série de mesures fiscales imposées aux automobilistes, déclenchant une onde de choc dans une ville déjà éprouvée par une mobilité chaotique.

Désormais, seuls les conducteurs en règle avec l’ensemble des obligations administratives peuvent circuler. Le coût cumulé de ces exigences atteint 564 dollars américains, répartis comme suit : vignette annuelle (70 $), permis de conduire (120 $), contrôle technique (80 $) et assurance automobile (294 $). Une somme vertigineuse dans un pays où le revenu moyen reste largement en deçà de ce seuil. Résultat : une grande partie des chauffeurs de taxis-bus, taxis-motos et véhicules de transport collectif ont préféré garer leurs engins, incapables de faire face à cette pression financière soudaine.

Dans les quartiers périphériques comme dans le centre-ville, les scènes de la matinée ont révélé l’ampleur du choc : files d’attente interminables aux arrêts, piétons marchant sur plusieurs kilomètres, embouteillages aggravés par l’absence de coordination. Les rares véhicules en circulation ont vu leurs tarifs tripler, voire quadrupler, rendant les déplacements inaccessibles pour une majorité de Kinois.

Les autorités présentent cette réforme comme une étape vers une meilleure régulation du secteur des transports et une réponse aux embouteillages chroniques qui paralysent la ville. Mais sur le terrain, la mise en œuvre brutale de ces mesures, sans alternatives concrètes ni période de transition, a plongé la population dans une impasse.

Au-delà de la question fiscale, c’est celle de la justice sociale et de l’accessibilité qui se pose. Dans une ville où les transports publics sont déjà insuffisants, où les infrastructures peinent à suivre la croissance démographique, imposer une telle charge financière sans accompagnement revient à exclure les plus modestes de la mobilité urbaine.

Merveille Maleya

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *