Dans un contexte de tensions croissantes à l’Est de la République Démocratique du Congo, où les rebelles de l’AFC/M23 poursuivent leur avancée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu avec le soutien présumé du Rwanda, Kinshasa a haussé le ton sur la scène internationale.
Prenant la parole lors de la 76e session du Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), le Vice-Premier ministre congolais en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a clairement posé les préalables au retour des réfugiés congolais.
> « Le retour volontaire et organisé des réfugiés congolais dans l’Est du pays, notamment dans les localités occupées par l’AFC/M23, ne pourra se faire qu’après un cessez-le-feu, la restauration de l’autorité de l’État et la vérification de la nationalité des candidats au retour », a-t-il déclaré devant les délégués internationaux.
Pour Kinshasa, il est hors de question que les réfugiés reviennent sous contrôle rebelle. Le gouvernement exige un encadrement institutionnel strict, accompagné de programmes de réintégration et de reconstruction post-conflit, afin de garantir une cohabitation pacifique entre rapatriés et communautés locales.
Le retour ne concerne pas uniquement les réfugiés au Rwanda. Selon les autorités congolaises, plus de 600 000 réfugiés congolais sont actuellement en Ouganda, et le processus de rapatriement devra s’étendre aux neuf pays voisins hébergeant des exilés.
Cette prise de position intervient trois mois après la signature de l’accord tripartite entre la RDC, le Rwanda et le HCR à Addis-Abeba, censé faciliter le retour volontaire des réfugiés. Elle s’inscrit également dans la suite des accords de Washington et de la déclaration de principes signée entre Kinshasa et la rébellion AFC/M23.
En plaçant la souveraineté au cœur du processus de retour, Jacquemain Shabani transforme une question humanitaire en levier diplomatique. Sa déclaration à Genève marque une volonté de réaffirmer l’autorité de l’État congolais face à une rébellion soutenue par un voisin, tout en encadrant le retour des réfugiés dans une logique de reconstruction nationale.
Merveille Maleya


