RDC : Dialogue national — Le Conseil Interreligieux Congolais dénonce une feuille de route « piégée » et non inclusive

RDC : Dialogue national — Le Conseil Interreligieux Congolais dénonce une feuille de route « piégée » et non inclusive

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La feuille de route pour un dialogue national et inclusif, dévoilée par le duo CENCO-ECC et soutenue par plusieurs plateformes religieuses, suscite une vive controverse. Le Conseil Interreligieux Congolais (CIC), dirigé par l’archevêque Dodo Israël Kamba, dénonce un manque d’inclusivité et alerte sur un possible agenda caché derrière cette initiative censée restaurer la paix dans l’Est du pays.

Présentée comme une réponse aux conflits armés qui ravagent l’Est de la République démocratique du Congo depuis plus de trois décennies, la feuille de route prévoit quatre étapes majeures : un « Mois de la paix » avec des cultes œcuméniques dans tout le pays, un dialogue technique entre experts, un dialogue politique réunissant toutes les forces vives, et une conférence internationale sur la paix dans la région des Grands Lacs.

Malgré l’adhésion de plusieurs acteurs politiques et religieux, le CIC estime que le processus manque de profondeur et d’ouverture réelle. « Il ne suffit pas d’inviter des participants. L’inclusivité, c’est aussi le traitement équitable des idées et la prise en compte des avis divergents », a déclaré Dodo Kamba. Selon lui, les propositions du CIC n’ont pas été intégrées, et certaines zones d’ombre laissent craindre un agenda dissimulé.

L’archevêque pointe également une faille constitutionnelle : la reconnaissance implicite de l’opposition armée dans le pré-dialogue. « Notre Constitution ne prévoit aucun statut pour une opposition armée. En l’intégrant, on crée un précédent dangereux », a-t-il averti, soulignant le risque de légitimer des acteurs en dehors du cadre légal.

Autre critique majeure : l’absence d’un mécanisme de vérité et de réconciliation. Pour le CIC, toute initiative de paix doit s’appuyer sur la justice et l’établissement des responsabilités. « Si la justice n’est pas évoquée dans une démarche portée par des religieux, cela soulève des inquiétudes légitimes », a insisté Dodo Kamba, appelant à une commission préalable sur la vérité et la réconciliation.

Malgré ses réserves, le CIC ne rejette pas l’idée d’un dialogue national. Il appelle à une concertation entre les confessions religieuses pour élaborer une feuille de route réellement inclusive, respectueuse des principes constitutionnels et fondée sur la justice.

MMN

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