Le verdict tant attendu dans le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, n’aura finalement pas lieu ce mercredi. La Cour de cassation a annoncé le report de la décision au lundi 1er septembre, invoquant des « contraintes organisationnelles ».
Ce report intervient dans un climat marqué par une forte mobilisation autour de l’accusé. En fin de matinée, Constant Mutamba s’est rendu à la Cour, escorté par des militaires et entouré de plusieurs sympathisants. Les images captées sur l’avenue Nguma, dans la commune de Ngaliema, témoignent d’une présence sécuritaire renforcée et d’un soutien populaire visible.
Poursuivi pour détournement présumé de fonds publics, l’ancien ministre fait face à des accusations portant sur 19 millions USD destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Le ministère public a requis dix ans de travaux forcés, assortis d’une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique.
La défense, de son côté, dénonce un procès à charge, qu’elle qualifie de politique. Plusieurs observateurs pointent les tensions persistantes entre Mutamba et certains magistrats, notamment autour de ses prises de position sur la réforme judiciaire et la lutte contre la corruption.
Le report du verdict, bien que justifié officiellement par des raisons logistiques, alimente les spéculations sur les enjeux politiques sous-jacents. La scène de l’arrivée de Mutamba à la Cour, entouré de ses partisans, illustre la dimension symbolique que prend ce procès dans l’espace public congolais.
La prochaine audience, prévue le 1er septembre, s’annonce décisive. Elle pourrait non seulement sceller le sort judiciaire de l’ancien ministre, mais aussi raviver les débats sur l’indépendance de la justice et les équilibres institutionnels en République démocratique du Congo.
Merveille Maleya


