Ce lundi, le ministre délégué à la Défense nationale, Eliezer Ntambwe Mposhi, a effectué une tournée de terrain dans plusieurs sites liés aux anciens combattants, révélant une situation de délabrement avancé et annonçant une série de mesures correctives à portée nationale. Entre indignation et promesses de réforme, cette visite marque une tentative de réhabilitation d’un pan oublié de la mémoire militaire congolaise.
Le périple du ministre a débuté par les divisions administratives du Secrétariat général aux anciens combattants, avant de s’étendre à un site spolié dans la commune de la Gombe, à l’hôpital militaire des anciens combattants, et enfin au mémorial du rond-point Force, dans la commune de Kasavubu. À chaque étape, le constat est le même : infrastructures délabrées, administration désarticulée, personnel marginalisé.
« Nous avons vu dans quelles conditions les anciens combattants travaillent. Ce n’est pas acceptable. Nous devons agir, et pas seulement à Kinshasa. Cette mission est nationale », a déclaré Eliezer Ntambwe, visiblement ému par l’état des lieux.
Face aux dysfonctionnements relevés, le ministre a annoncé le déploiement d’une équipe d’audit chargée de vérifier la gestion des biens des anciens combattants, qu’ils soient spoliés ou non. Cette opération vise à établir une cartographie précise des patrimoines militaires, à identifier les détournements et à enclencher un processus de restitution ou de revalorisation.
Parallèlement, Eliezer Ntambwe a exprimé sa volonté de numériser l’administration, de bloquer les doublons dans les listings de paie et de mécaniser les agents non encore alignés, afin de sortir le secteur de l’opacité et de l’inertie bureaucratique.
La visite de l’hôpital militaire des anciens combattants, guidée par le médecin directeur Dr Muajima Kasongo Jean-Baptiste, a permis au ministre de parcourir tous les services — pédiatrie, gynécologie, soins intensifs, imagerie, dentisterie — et de constater les défis sanitaires auxquels sont confrontés les vétérans. Ce lieu, censé incarner la reconnaissance nationale, révèle plutôt une précarité structurelle criante, où les anciens militaires sont soignés dans des conditions indignes.
La tournée s’est clôturée au mémorial des anciens combattants, érigé au rond-point Force. Ce site, trop souvent ignoré, pourrait devenir le point de départ d’une revalorisation symbolique, à condition que les promesses ministérielles se traduisent en actes.
Ce déplacement ministériel ne relève pas du simple protocole. Il s’inscrit dans une dynamique de réhabilitation institutionnelle, avec des mesures concrètes et une volonté affichée de rupture. En replaçant les anciens combattants au cœur du récit républicain, Eliezer Ntambwe Mposhi tente de réparer une mémoire longtemps négligée. Reste à voir si cette impulsion tiendra face aux inerties administratives et aux résistances silencieuses.
Merveille Maleya


