Le Cabinet MML accuse Fridolin Ambongo: Louanges à Kigali, silence sur les victimes congolaises

Le Cabinet MML accuse Fridolin Ambongo: Louanges à Kigali, silence sur les victimes congolaises

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Une lettre citoyenne dénonce l’ambiguïté morale d’un geste ecclésial en pleine crise régionale

Le 31 juillet 2025, à Kigali, le Cardinal Fridolin Ambongo prononce une phrase qui ne passe pas :
> « Le Rwanda, une nation dont l’histoire de souffrance, de résilience et de réconciliation inspire le monde entier ! »

Ce geste, saluant le président Paul Kagame dans un contexte de guerre encore vive à l’Est de la RDC, a provoqué un malaise profond. Car le 2 août, la République démocratique du Congo commémore la Genocost — journée nationale dédiée à la mémoire des millions de victimes des conflits armés, dont plusieurs sont liés à l’ingérence rwandaise.

Le contraste est brutal. Et la parole du Cardinal, prononcée dans un lieu hautement symbolique, sonne comme une dissonance morale. C’est ce que dénonce avec force le Cabinet MML dans une lettre ouverte adressée à la CENCO et au Conseil Œcuménique des Églises, avec copie au Cardinal lui-même.

Une lettre comme acte de lucidité

La lettre du Cabinet MML ne se contente pas d’exprimer une indignation. Elle interroge le sens même de la parole religieuse dans un contexte de guerre, de mémoire et de diplomatie trouble.

> « La foi éclaire, mais ne dissimule pas. La paix se structure, mais ne se sanctifie pas dans l’ambiguïté. »

Le Cabinet reproche au Cardinal une absence totale de mention des souffrances congolaises. Pas un mot sur les déplacés, les massacres, les femmes violées, les villages rasés. Rien sur les responsabilités régionales dans les violences. Juste un hommage, dans un silence assourdissant.

Ce geste n’est pas une simple maladresse diplomatique. Il est perçu comme une fracture morale. Une parole qui brouille les repères éthiques du rôle ecclésial dans la quête de paix. Une parole qui, au lieu de consoler les victimes, semble les effacer.

> « Le respect des institutions religieuses ne doit pas conduire à une adhésion aveugle aux postures diplomatiques individuelles. »
> — Lettre du Cabinet MML

Le Cardinal Ambongo, figure morale respectée, est ici mis en cause non pour sa foi, mais pour sa posture. Car dans un moment où le pays s’apprêtait à honorer ses morts, il louait un régime accusé d’alimenter les conflits. Ce geste fracture la confiance populaire envers l’Église et menace la cohérence du Pacte social pour la paix.

Dans sa lettre, le Cabinet formule quatre exigences claires :

– Une clarification officielle sur les propos tenus à Kigali et leur portée symbolique.
– Une réaffirmation publique de l’engagement du Cardinal envers les victimes congolaises.
– Une dissociation nette entre les initiatives collectives de paix et les prises de parole individuelles.
– Une veille éthique sur les discours religieux à portée diplomatique.

Cette interpellation citoyenne ne cherche pas à humilier, mais à réveiller. Elle rappelle que la paix ne se construit pas sur des silences diplomatiques, mais sur la mémoire, la justice et la cohérence morale. Que les mots, surtout ceux des figures religieuses, ont un poids historique. Et que la foi, lorsqu’elle se mêle à la diplomatie, doit redoubler de clarté.

Merveille Maleya

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