Face à l’immobilisme, le verbe se fait lame et l’assemblée provinciale de Kinshasa se réveille
De retour du Lualaba, Aubin Mukamu n’a pas ramené que des souvenirs — il est revenu avec un miroir. Dedans, une image crue : pendant que Kolwezi avance, Kinshasa piétine.
L’élu de Mont-Ngafula, indigné par le contraste entre les réalisations tangibles de la Gouverneure Fifi Masuka et le marasme persistant dans la capitale, a lancé une offensive parlementaire : une interpellation en 22 questions adressée au Gouverneur Daniel Bumba Lubaki. À travers elle, c’est toute une gestion à mi-mandat qui vacille sur le banc des accusés.
« Il est temps de savoir d’où vient la ville, où elle en est, et surtout où elle va », tonne Mukamu.
Des routes impraticables, des écoles et hôpitaux à l’abandon, des finances floues, un banditisme galopant, une saleté érigée en paysage : la liste est longue, l’agacement palpable. Et la pluie, chaque saison, vient rappeler l’urgence — emportant vies, illusions et la patience des Kinois.
Mais cette fois, le silence ne suffira plus. Mukamu ne se contente pas de dénoncer : il exige. Il interpelle. Il alerte. Et surtout, il remet la redevabilité au cœur du jeu démocratique.
Dans un climat où la défiance monte, l’Assemblée provinciale semble sortir de sa torpeur. La question n’est plus seulement ce que fait — ou ne fait pas — le Gouverneur, mais jusqu’à quand les institutions toléreront l’inaction comme politique.
Merveille Maleya


