Trois organisations de la société civile basées à Kolwezi ont présenté, ce jeudi 14 mai 2026 à Kinshasa, les résultats d’une enquête locale accablante. Le rapport accuse la joint-venture Ruashi Mining, détenue à 75 % par le groupe chinois Jinchuan Group, d’être à l’origine d’une pollution environnementale majeure. Cette dégradation entraîne de lourdes conséquences sanitaires pour les communautés riveraines.
Lors d’un point de presse, ces ONG ont interpellé l’opinion sur le statut de Kolwezi face à l’extractivisme, s’interrogeant sur le sort de la ville : « zone sacrifiée », « solution mondiale pour la transition énergétique » ou « terre maudite » en raison de l’abondance de son cobalt et de son cuivre ?
Des métaux lourds supérieurs aux normes de l’OMS
Pour étayer leurs accusations, les organisations ont soumis des prélèvements de terrain à des analyses en laboratoire. Les résultats révèlent des niveaux de contamination qui dépassent largement les directives de 2017 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :
• Eaux de pluie et de puits : Présence de concentrations élevées de métaux lourds toxiques (arsenic, cadmium, fer, manganèse et cuivre) supérieurs aux seuils admis pour l’eau potable.
• Impact matériel et agricole : Corrosion prématurée des toitures en tôle, fissures sur les habitations et dessèchement inexpliqué des cultures locales.
Sur le plan médical, l’enquête documente de nombreuses pathologies attribuées à cette pollution présumée : problèmes respiratoires chroniques, éruptions cutanées et saignements de nez fréquents. Les enfants, les femmes et les personnes âgées figurent en première ligne des populations touchées.
L’inaction des autorités dénoncée
Les trois ONG fustigent le silence et le manque de réactivité des autorités locales, provinciales et nationales. Elles estiment que l’État tarde à imposer des mesures conservatoires urgentes pour protéger les citoyens face aux exploitants industriels. Selon ces structures, les communautés affectées continuent de payer un lourd tribut humain pendant que les pouvoirs publics observent un statu quo coupable.
Fermeture de l’usine et délocalisation exigées
Face à l’urgence sanitaire, les organisations recommandent la suspension immédiate des activités incriminées. L’ONG Initiative pour la Bonne Gouvernance et les Droits Humains (IBGDH ASBL), l’une des structures leaders du rapport, exige :
• La fermeture immédiate de l’usine métallurgique de Ruashi Mining.
• La délocalisation temporaire des populations exposées, le temps d’assainir le site et de le remettre aux normes environnementales.
Cette affaire relance le débat crucial sur la conciliation entre l’exploitation des minerais stratégiques et la protection des droits humains en RDC. Elle pose la question du contrôle réel des rejets industriels et de l’efficacité des mécanismes de protection sanitaire dans les zones minières.
JBK


