Le président de la République, Félix Tshisekedi, a alerté son gouvernement sur une recrudescence préoccupante des actes de spoliation visant le patrimoine immobilier de l’État affecté à l’Éducation nationale et à l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Cette mise en garde officielle figure dans le compte rendu de la 89ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le vendredi 15 mai 2026 à Kinshasa.
Des hôtels et supermarchés érigés sur des sites éducatifs
Selon la communication présidentielle, de nombreux espaces destinés à l’enseignement font l’objet d’occupations irrégulières, de morcellements illicites et de constructions anarchiques privées. Des immeubles, hôtels, restaurants et supermarchés y sont érigés au mépris total de la vocation éducative initiale de ces sites.
Le chef de l’État a qualifié cette situation d’« inacceptable ». Il souligne qu’elle constitue une atteinte grave à l’autorité de l’État, réduit sensiblement les capacités d’accueil des établissements publics et hypothèque l’avenir du système éducatif congolais.
Cartographie numérique et base de données centralisée
Pour stopper cette dynamique, le président a instruit les ministres sectoriels, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, de mettre en œuvre un plan d’urgence :
• Identifier de manière exhaustive et borner tous les espaces scolaires et universitaires publics.
• Sécuriser les titres fonciers et déployer une cartographie numérique de ces sites.
• Créer une base de données centralisée du patrimoine éducatif national.
Le compte rendu précise que ces opérations visent l’annulation immédiate des titres immobiliers obtenus frauduleusement, le déguerpissement des occupants sans droit ni titre, ainsi que la démolition systématique des ouvrages érigés illégalement.
Tolérance zéro : Poursuites judiciaires annoncées
Le ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa, a reçu l’ordre d’engager des poursuites judiciaires rigoureuses contre toute personne impliquée dans ces cessions frauduleuses. Cette directive vise explicitement les promoteurs privés ainsi que les agents publics et autorités administratives complices de ces réseaux.
À terme, l’exécutif prévoit des mesures de protection durables, incluant la clôture progressive des sites exposés, l’interdiction de délivrer des permis de construire sur les emprises éducatives sans avis conforme des ministères sectoriels, et le déploiement de brigades mixtes de contrôle.
JBK


