Le prix du ciment à Kinshasa connaît une flambée sans précédent, atteignant aujourd’hui 50 000 FC le sac, soit environ 18 dollars, sans compter les frais de manutention. Cette augmentation vertigineuse met en péril l’ensemble du secteur de la construction, fragilisant des milliers de jeunes ingénieurs, maçons et entrepreneurs, qui voient leur activité compromise. En cause ? Les restrictions imposées aux transporteurs de matériaux de construction par le gouvernorat de Kinshasa, sous l’autorité du gouverneur Daniel Bumba.
La récente interdiction des gros véhicules transportant du ciment vers Kinshasa entraîne un ralentissement brutal de l’approvisionnement en matériaux de construction. Cette barrière logistique, ajoutée à une inflation persistante, pousse les prix à des niveaux insoutenables pour les professionnels du secteur. Un sac de ciment, vendu à 11-12 dollars auparavant, coûte aujourd’hui 16 à 18 dollars, rendant les devis des ingénieurs impraticables et compromettant les investissements dans la construction.
Conséquence directe : une paralysie du marché du bâtiment et une montée du chômage parmi les jeunes professionnels, notamment les ingénieurs et maçons, qui sont contraints d’abandonner leurs activités. Le risque ? Une précarisation accrue et une poussée vers l’économie informelle, voire la criminalité, comme moyen de survie.
Ce bouleversement économique et social ne semble pourtant pas mobiliser les organisations qui devraient, en principe, défendre les intérêts des acteurs du secteur. La Corporation Nationale des Ingénieurs BTP – RD Congo, l’Ordre National des Ingénieurs Civils, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), les ministères de l’ITPR, du Travail et du Transport, ainsi que l’Assemblée nationale, restent muets sur cette crise qui affecte pourtant directement la stabilité de Kinshasa.
Face à cette inertie institutionnelle, la question se pose : Le gouvernorat de Kinshasa agit-il dans l’intérêt des Kinois ou contribue-t-il à leur précarisation ? L’absence de réponses concrètes renforce le sentiment d’abandon chez les citoyens, qui observent une hausse des prix sans voir émerger de solutions efficaces.
La détérioration du pouvoir d’achat des Kinois et la mise en péril d’un secteur essentiel à l’économie urbaine devraient alerter les autorités et pousser à une révision des mesures en place. Une concertation entre le gouvernorat, les instances professionnelles et les acteurs économiques:semble indispensable pour limiter les dégâts et restaurer un équilibre permettant la reprise des activités de construction.
En attendant, les professionnels du bâtiment restent en suspens, tandis que la crise s’aggrave, avec des répercussions potentielles sur l’emploi, la sécurité et le développement urbain. Si aucune mesure urgente n’est prise, Kinshasa pourrait bientôt faire face à une recrudescence de la précarité et une dégradation accélérée des conditions de vie.
La Transparence


