Tension à l’Assemblée nationale : La loi sur le référendum adoptée, l’opposition claque la porte et décrète une journée « ville morte »

Tension à l’Assemblée nationale : La loi sur le référendum adoptée, l’opposition claque la porte et décrète une journée « ville morte »

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La séance plénière du mercredi 27 mai 2026 a mis en lumière la profonde fracture politique qui traverse la République démocratique du Congo. Ce qui devait être un débat technique sur la proposition de loi encadrant l’organisation du référendum s’est transformé en une confrontation directe entre les différents blocs politiques.

Le rapport présenté par la Commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ), porté par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, a été jugé recevable par la majorité des élus. Dans la foulée, le Bureau de l’Assemblée nationale a imposé un calendrier express : un délai de 24 heures a été accordé pour le dépôt des amendements, suivi de 48 heures pour leur intégration en commission, avant un retour imminent en plénière pour le vote article par article.

Pour le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, cette démarche vise avant tout à « donner au peuple un cadre légal pour s’exprimer sur les grandes questions nationales ».

Le compromis sur l’Assemblée constituante
Les débats ont longuement achoppé sur la composition de la future Assemblée constituante en cas de référendum. À l’issue des échanges, un compromis a finalement été acté : elle sera exclusivement composée des députés nationaux et des sénateurs en fonction, puis dissoute immédiatement après la clôture de ses travaux. La majorité défend cette formule comme une garantie absolue de légitimité et de respect du texte fondamental.

Le clash, le retrait de l’opposition et l’appel au boycott
Le climat s’est brutalement tendu lorsque Christian Mwando Nsimba, président du groupe parlementaire Ensemble pour la République, a pris la parole. Pour le leader de l’opposition, examiner un projet de référendum alors que l’Est du pays demeure sous occupation étrangère et sous le régime de l’état de siège est « totalement inconcevable ». Dénonçant une tentative déguisée de « balkanisation », il a officiellement annoncé le retrait immédiat de son groupe des débats parlementaires.

Dans la foulée de ce coup d’éclat, les forces de l’opposition ont appelé à une journée « ville morte » le mercredi 3 juin 2026. Cette action est présentée comme une première démonstration de force populaire contre ce qu’elles qualifient de passage en force du régime de Félix Tshisekedi.

Deux blocs, deux visions pour la République
Cette confrontation parlementaire cristallise désormais deux dynamiques radicalement opposées au sein de la classe politique congolaise :
• Le bloc C64 : Une coalition de l’opposition qui rejette en bloc toute révision ou changement de la Constitution du 18 février 2006.
• Le bloc C4 : La coalition de la majorité présidentielle, fermement favorable à une réforme globale du texte fondamental.

Au-delà des simples procédures de l’hémicycle, c’est l’avenir politique de la RDC qui se joue. Tandis que la majorité avance à pas forcés avec un calendrier extrêmement serré, l’opposition choisit la politique de la chaise vide et la mobilisation de la rue. Entre légitimité institutionnelle et contestation populaire, le débat sur le référendum est devenu le miroir des fractures profondes qui secouent la nation.

LT

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