Hold-up minier au Katanga : L’affaire RMC-LCM ou le scandale des « généraux d’affaires »

Hold-up minier au Katanga : L’affaire RMC-LCM ou le scandale des « généraux d’affaires »

1 0
Read Time:2 Minute, 29 Second

Le conflit autour du site minier de Lupemba, au Katanga, ne relève plus du simple litige commercial. C’est une mécanique de prédation systémique où s’entrechoquent décisions de justice bafouées, pressions militaires de haut rang et diplomatie d’affaires.

L’ombre des généraux sur les minerais stratégiques
L’arrivée à Lubumbashi du général Sasa Zita Lusala Patrick, haut gradé des renseignements militaires, a agi comme un révélateur. Officiellement chargé de superviser les accords de Washington sur les minerais stratégiques, l’officier semble avoir troqué sa mission républicaine contre un rôle de courtier privé. Sa priorité ? Réinstaller de force la société RMC SAS, pourtant légalement expulsée du site par la justice au profit de la société LCM.
Ce soutien militaire ne date pas d’hier. Avant le général Sasa, les généraux Muaku et Ntumba Buamunda s’étaient déjà activés pour protéger le réseau RMC SAS, piloté par Chris Bueso et son représentant local, Hugo Kabila.

Le milliardaire « fusible » et le mélange des genres à la Gombe
Pour légitimer ce passage en force, une nouvelle carte est abattue : l’entrée au capital d’un prétendu milliardaire américain, Vladimir Eskin. Sous couvert de préserver ce « partenariat américain », le général Sasa opère muni d’ordres de mission spéciaux émanant du cabinet du Conseiller Spécial en matière de sécurité. Curieusement, ces documents évitent la signature du titulaire, arborant systématiquement celles de ses adjoints ou directeurs de cabinet. Une stratégie administrative bien connue pour diluer les responsabilités et s’offrir des fusibles en cas de scandale.

Plus grave encore, la confusion des rôles frôle l’inédit. C’est l’épouse même du Conseiller Spécial qui mènerait des médiations directes entre les protagonistes. Les rendez-vous se tiennent au numéro 9 de l’avenue des Cocotiers, dans la commune de la Gombe, au sein du cabinet d’avocats privé du Conseiller. Ce mélange incestueux entre la sécurité de l’État et les affaires privées nourrit de lourds soupçons de corruption et de trafic d’influence.

Un fugitif au cœur du pouvoir
Le scandale atteint son paroxysme face à l’impunité dont jouit le patron de RMC SAS. Alors que Chris Bueso est formellement recherché par la justice congolaise, aucune enquête n’est ouverte contre lui par les services de sécurité. Au contraire, l’homme d’affaires fréquente régulièrement le bureau du Conseiller Spécial. Ses intérêts sont défendus par Maîtres Patrick Bondonga et Pierrot Kabwe, deux intimes du premier cercle du Conseiller.

Aujourd’hui, le général Sasa menace de faire basculer le conflit dans l’affrontement armé. Prêt à mobiliser la Justice Militaire (JR) du Katanga et à défier la Garde Républicaine, il impose un chantage à l’État : céder aux exigences de RMC SAS au nom des intérêts de Washington.

La souveraineté de la RDC sacrifiée ?
Une question cruciale s’impose : les intérêts américains, réels ou supposés, confèrent-ils un permis de violer les lois de la République ? L’affaire RMC-LCM met à nu un paradoxe destructeur. Sous prétexte de sceller une alliance stratégique pour le développement de la RDC, des acteurs clés de l’appareil sécuritaire sabotent l’autorité de l’État pour servir des intérêts financiers privés et étrangers.

LT

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *