La justice congolaise est une nouvelle fois sur la sellette. Dans une interpellation publique, l’avocat Carlos Ngwapitshi a fustigé une pratique qu’il juge aussi illégale que scandaleuse : l’imposition de frais arbitraires aux justiciables pour financer les descentes sur le terrain des tribunaux.
« Quel est le fondement légal de ces frais ? À quoi servent les crédits de fonctionnement et d’investissement alloués aux juridictions dans le budget national ? », s’interroge-t-il. Pour Me Ngwapitshi, cette exigence financière ne relève pas de la procédure, mais s’apparente à une véritable « criminalité en col blanc ».
Le cas soulevé par l’avocat est édifiant : un tribunal aurait exigé 1 500 dollars américains à chaque partie pour une descente effectuée à seulement dix minutes du siège de la cour. Une aberration qui, selon lui, illustre la dérive d’un système où l’abus est devenu la norme et où la justice se mue en instrument d’extorsion.
Ce cri d’alarme met à nu une banalisation inquiétante de la corruption : les citoyens, qui devraient trouver protection et équité devant les tribunaux, se retrouvent pris en otage par des pratiques financières opaques.
Au-delà de l’indignation, l’appel de Maître Ngwapitshi révèle une crise profonde de la gouvernance judiciaire en RDC. Dès lors que l’accès au droit se monnaye, c’est l’État de droit lui-même qui vacille. Cette dénonciation appelle une réaction immédiate : elle impose une réforme urgente, une transparence budgétaire stricte et une réelle responsabilisation des acteurs judiciaires. Sans un tel sursaut, la justice congolaise risque de perdre toute légitimité auprès de ceux qu’elle a pour mission de protéger.
MMN


