Vendredi, Félix Tshisekedi a mis les points sur les i en Conseil des ministres. Pas de discours lénifiant : trois urgences absolues ont été passées au bulldozer, avec des instructions nettes et des calendriers impitoyables. Les ambassades qui s’effritent, Congo Airways au bord du gouffre, Inga 3 à la croisée des chemins. Le message est limpide : agissez, ou assumez.
Les chancelleries congolaises à l’étranger sont en pleine déroute financière. Loyers impayés qui s’accumulent, salaires rognés, diplomates qui rament pour tenir la barre : c’est la honte internationale. Tshisekedi a martelé son credo : « Restaurons la dignité de nos représentations ! » Budget, Finances et Affaires étrangères sont sommés d’inventer un canal bancaire blindé pour des versements réguliers et sans faille. Derrière l’urgence comptable, c’est la crédibilité du pays qui est en jeu – on ne négocie pas à armes égales quand on donne l’image d’un État aux abois.
La compagnie nationale fait figure de feuilleton tragique. Le rapport mixte de décembre 2025 –Inspection générale des finances, Conseil supérieur du portefeuille, Autorité de l’aviation civile– est sans pitié : les ratés persistent, malgré les tentatives de relance antérieures. Fed up, le président exige un plan de redressement musclé, truffé de garde-fous internes et de transparence totale. La Première ministre aura l’œil sur tout. Mais franchement, après tant de déceptions, qui parie encore sur un miracle aviation ?
Enfin, le dossier Inga 3 sort du tiroir des rêves reportés. La Banque mondiale a validé son milliard de dollars (juin 2025, opérationnel depuis le 2 février), et Tshisekedi enclenche la vitesse supérieure : accords interministériels avec l’ADPI-RDC bouclés au 3 avril, projet de loi Grand Inga sur le bureau du Parlement d’ici le 31 mars. C’est du concret, avec des dates gravées dans le marbre. Mais le chemin est miné : une coordination sans faille, des fonds bien tracés, des partenaires tenus en laisse. Si ça déraille, ce sera la énième illusion brisée pour la RDC.
Ces rappels à l’ordre ne sortent pas du chapeau. Le pays est sous tension : caisses vides, ras-le-bol populaire, défis sécuritaires qui cognent. Tshisekedi passe en mode commandement direct, assigne des chefs de file, impose des échéances. Les ministres ont leur feuille de route, le peuple son verdict à rendre. À eux de jouer – et de marquer.
Merveille Maleya

Conseil des ministres : Tshisekedi tape du poing sur la table
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