Après plusieurs mois de spéculations, l’ancien président sénégalais Macky Sall a officiellement déposé sa candidature pour succéder à António Guterres à la tête des Nations unies. L’annonce a été confirmée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, actuel président en exercice de l’Union africaine, qui a transmis le dossier à New York.
La démarche n’a pas été initiée par Dakar, mais par Bujumbura. En tant que président de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye a endossé le rôle de parrain institutionnel, donnant à cette candidature une dimension continentale. Ce choix illustre à la fois les tensions politiques au Sénégal et la volonté de l’Afrique de s’unir derrière un candidat susceptible de porter sa voix au sommet de la gouvernance mondiale.
Macky Sall, président du Sénégal de 2012 à 2024, a marqué la scène africaine par ses réformes économiques et son engagement pour la stabilité régionale. En 2022, il avait déjà présidé l’Union africaine, renforçant son profil international. Son expérience, à la fois nationale et continentale, constitue un atout majeur dans une compétition où les équilibres géopolitiques seront déterminants.
Jamais un Africain n’a dirigé l’ONU. La candidature de Macky Sall est donc perçue comme une opportunité historique pour le continent. Elle intervient dans un contexte où les pays africains réclament une représentation plus équitable dans les grandes institutions internationales, notamment au Conseil de sécurité.
La succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève en 2026, donnera lieu à des tractations intenses entre les membres permanents du Conseil de sécurité et l’Assemblée générale. Macky Sall devra convaincre au-delà du cercle africain, en séduisant les grandes puissances, souvent décisives dans ce type de processus.
En officialisant sa candidature par l’intermédiaire d’Évariste Ndayishimiye, Macky Sall ouvre une nouvelle page de sa carrière politique. Plus qu’une ambition personnelle, cette démarche incarne la volonté de l’Afrique de faire entendre sa voix dans la gouvernance mondiale et de briser un plafond historique au sein des Nations unies.
MM


