Procès du lieutenant-général Philémon Yav : la Haute Cour militaire ordonne une expertise technique de ses téléphones

Procès du lieutenant-général Philémon Yav : la Haute Cour militaire ordonne une expertise technique de ses téléphones

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Trois ans après son arrestation, le Lieutenant-général Philémon Yav Irung, dit « le Tigre », reste au centre d’un procès sensible devant la haute cour militaire. Vendredi 20 février, la juridiction a décidé de recourir à un expert du Conseil national de communication (CNC) pour analyser ses téléphones portables. L’objectif : vérifier si des échanges compromettants peuvent confirmer l’accusation de trahison portée contre lui.

La décision est intervenue après un vif débat entre le ministère public et les avocats du prévenu. Le parquet militaire estime que les appareils de l’officier pourraient contenir des preuves directes de ses liens supposés avec des responsables rwandais. La défense, elle, dénonce une « pêche aux informations » et plaide pour le respect strict de la procédure.

Depuis le début du procès, plusieurs officiers supérieurs ont été appelés à témoigner. Certains ont évoqué des messages attribués au Rwanda, d’autres ont affirmé que Yav figurait parmi les officiers ciblés par Kigali. Mais ces déclarations restent contradictoires et ne suffisent pas, selon le ministère public, à établir une culpabilité.

Nommé en 2020 à la tête de la troisième zone de défense des FARDC, Yav avait sous sa responsabilité une région cruciale : Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Maniema et Tshopo. Son arrestation en septembre 2022 avait surpris jusque dans les rangs militaires, tant son rôle était central dans la lutte contre les groupes armés.

Originaire du Grand Katanga, Yav est régulièrement cité par des figures politiques comme Joseph Kabila pour illustrer ce qu’elles considèrent comme une marginalisation des officiers de cette région sous l’actuel régime. L’armée congolaise rejette ces accusations, affirmant que les poursuites engagées contre certains officiers répondent uniquement aux exigences de la loi militaire.

L’expertise des téléphones pourrait marquer un tournant dans ce procès où se mêlent enjeux sécuritaires, rivalités régionales et tensions politiques. La haute cour militaire devra déterminer si les soupçons de trahison reposent sur des preuves tangibles ou sur des témoignages fragiles.

Merveille Maleya

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