RDC : de la prédation à la reconstruction, un choix de survie

RDC : de la prédation à la reconstruction, un choix de survie

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La République démocratique du Congo porte encore les cicatrices d’un État fragilisé et marchandisé. Dans sa réflexion, Listani Choukran met en lumière une rupture historique : Félix Tshisekedi tente de restaurer les institutions là où ses prédécesseurs les avaient détournées. Mais cette reconstruction, vitale pour l’avenir du pays, reste semée d’embûches.
Listani Choukran rappelle qu’en 2018, la RDC ne disposait ni de zoo ni de parc d’attractions dignes de ce nom. Pourtant, un président en exercice avait choisi d’en construire un, en faisant payer l’accès au peuple. Plus encore, il vendait vivres frais et produits de première nécessité, là où l’État aurait dû assurer l’organisation et la distribution.
Ce constat illustre une gouvernance où les institutions étaient détournées de leur mission pour servir des intérêts privés. L’État, censé protéger et structurer, se voyait réduit à une boutique privée au profit d’un cercle restreint.
À l’opposé, Félix Tshisekedi est présenté par Choukran comme un président qui cherche à restaurer les prérogatives de l’État. L’armée n’est plus un instrument de pillage des ressources, et l’économie n’est plus un circuit d’enrichissement pour les proches du pouvoir.
Contrairement à ses prédécesseurs, Tshisekedi apparaît comme un dirigeant enraciné dans son pays, « ayant le Congo dans la peau et dans le cœur». Cette posture traduit une volonté de gouverner dans la durée, en consolidant les institutions plutôt qu’en les exploitants.
Reconstruire un État est une tâche complexe. Après deux décennies de fragilisation, les institutions sont délégitimées, les citoyens méfiants, et les pratiques de prédation profondément enracinées. Choukran insiste sur cette difficulté : bâtir demande plus d’efforts que détruire.
Mais c’est précisément cette orientation qui explique le soutien dont bénéficie Tshisekedi. Les Congolais, confrontés à l’héritage du chaos, relisent désormais les actes de leurs dirigeants passés : décisions, attitudes, gouvernance, et surtout actions concrètes.

Cette relecture met en lumière une fracture nette : entre ceux qui vivaient du chaos comme des parasites et celui qui tente de reconstruire l’État comme un organisme vivant.
Si la volonté de restaurer l’État est manifeste, elle se heurte à des réalités complexes. La sécurité dans l’Est du pays demeure fragile, avec des groupes armés qui continuent de menacer la stabilité nationale. La lutte contre la corruption reste également un chantier inachevé : malgré des efforts visibles, les pratiques de prédation n’ont pas totalement disparu des institutions.
L’économie, quant à elle, peine à se diversifier et à offrir des opportunités durables à une population jeune et en croissance rapide.
Ainsi, la rupture mise en avant par Choukran ne doit pas occulter les zones d’ombre. La reconstruction de l’État est un processus long, semé d’embûches, qui exige constance et transparence. Le soutien populaire dont bénéficie Tshisekedi repose sur une attente forte : voir les institutions fonctionner réellement au service des citoyens.

La réflexion rappelle que le choix vital pour les Congolais est de consolider l’État. Mais elle invite aussi à rester vigilants, afin que la promesse de reconstruction ne se transforme pas en nouveau désenchantement.
La profondeur de la réflexion de Listani Choukran réside dans une évidence : l’avenir du Congo dépend de sa capacité à tourner définitivement la page de la prédation. Reconstruire l’État n’est pas seulement une ambition politique : c’est une condition de survie nationale.
Soutenir cette dynamique, c’est choisir la responsabilité contre le chaos, la continuité contre l’effondrement, et l’espérance contre le désenchantement.

MM

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