À l’aéroport international de N’djili, les voyageurs vivent depuis plusieurs mois une situation qui frôle l’absurde. Faute de matériel d’impression, les agents des compagnies aériennes rédigent les cartes d’embarquement à la main. En février 2026, cette pratique est devenue quasi systématique.
« Au lieu de la machine, les agents écrivent en main propre et cela retarde le processus d’enregistrement », témoigne un employé. Certains passagers embarquent même sans carte imprimée, munis seulement d’un document manuscrit.
Ce recours au manuscrit ralentit considérablement les opérations. Les passagers patientent parfois plusieurs heures pour obtenir une carte d’embarquement, quand le système informatique tombe en panne ou que les consommables manquent. Les compagnies aériennes improvisent pour éviter le blocage total du trafic, mais l’image de N’djili en tant que hub international s’effrite. Les voyageurs dénoncent un service indigne d’un aéroport censé représenter la vitrine du pays.
Une succession de défaillances techniques
La crise actuelle s’inscrit dans une série noire qui fragilise l’infrastructure depuis plus d’un an :
– Septembre 2025 : un impact de foudre met hors service l’ensemble des terminaux de contrôle, forçant un retour massif à l’enregistrement manuel.
– Novembre 2025 : une délocalisation temporaire des opérations d’enregistrement est annoncée, sans solution durable.
– Fin 2025 : des pannes d’électricité majeures perturbent même l’atterrissage de l’avion présidentiel, entraînant sanctions et suspensions au sein de la Régie des Voies Aériennes (RVA).
Une gestion instable et des sanctions insuffisantes
Les sanctions infligées à la RVA n’ont pas suffi à rétablir la confiance. Les voyageurs dénoncent une dégradation continue du service, tandis que les compagnies aériennes redoutent une perte de crédibilité sur le plan international. Les syndicats du personnel pointent du doigt une mauvaise planification budgétaire et l’absence de maintenance régulière des équipements, qui laisse l’aéroport vulnérable à la moindre panne.
Un enjeu national et une interpellation directe
Au-delà des désagréments pour les passagers, c’est la crédibilité du pays qui se joue. N’djili, principal point d’entrée de la République démocratique du Congo, devrait incarner fiabilité et modernité. Aujourd’hui, il est devenu le symbole d’infrastructures fragiles et d’une gestion défaillante. La RVA, déjà sanctionnée, peine à apporter des solutions concrètes, tandis que le ministère des Transports reste trop passif face à une crise qui affecte l’image nationale et la confiance des voyageurs. Il est temps que les autorités sortent de l’attentisme : chaque carte d’embarquement manuscrite est un rappel sévère que l’aéroport, vitrine du pays, mérite une réforme immédiate et une action ferme au plus haut niveau.
JBK


