Dans un monde en quête de minerais critiques pour alimenter la transition énergétique, la République démocratique du Congo ne veut plus être un simple maillon d’une chaîne dominée par d’autres. Elle veut en redessiner l’architecture.
C’est le message sans détour qu’a porté le Président de la République lors de la session « Partenariat stratégique sur les minerais et investissements», en marge du Forum économique mondial. Devant un parterre de décideurs, il a appelé à une refonte des relations économiques entre l’Afrique et ses partenaires, fondée sur la souveraineté, la durabilité et la prospérité partagée.
> « L’Afrique n’attend plus seulement d’être entendue, elle est prête à bâtir », a-t-il déclaré, dans une formule qui sonne comme un tournant diplomatique.
Le chef de l’État congolais ne s’adresse pas à tous. Il tend la main à ceux qui « voient loin » et « acceptent de prendre des risques ». Une manière de filtrer les partenaires : seuls ceux qui sont prêts à investir dans la transformation locale, à respecter les règles du jeu congolaises et à miser sur le long terme sont les bienvenus.
Ce discours s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un continent qui refuse désormais d’exporter ses richesses à l’état brut. La RDC, premier producteur mondial de cobalt, entend capter davantage de valeur ajoutée sur son sol. Cela passe par la création de chaînes de transformation, d’emplois qualifiés et d’infrastructures durables.
Ce qui frappe, au-delà du fond, c’est le ton. Fini les discours plaintifs ou les appels à l’aide. Place à une parole souveraine, stratégique, presque entrepreneuriale. Le Président congolais ne quémande pas : il propose un pacte. Et il le fait avec une lucidité rare sur les rapports de force, mais aussi avec une foi assumée dans le potentiel africain.
Merveille Maleya


