Dans un monde en pleine recomposition économique, la République démocratique du Congo a choisi de faire entendre une voix singulière et résolument tournée vers l’avenir. À la 56ᵉ édition du Forum économique mondial, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a porté un plaidoyer fort en faveur d’une Afrique co-actrice de la nouvelle donne mondiale, appelant à une redéfinition des rapports économiques entre le Sud et le reste du monde.
Durant plusieurs panels consacrés à la prospérité du continent et à la coopération Sud-Sud, le ministre a défendu une vision stratégique : celle d’un continent qui ne se contente plus de fournir des matières premières, mais qui revendique sa place dans la transformation industrielle, l’innovation technologique et la gouvernance économique mondiale.
> « La coopération Sud-Sud ne doit plus être perçue comme un club de second rang, mais comme une communauté d’intérêts capable de porter une dynamique de co-industrialisation », a-t-il déclaré devant un parterre de décideurs internationaux.
Au-delà des discours, Julien Paluku a mis en lumière un paradoxe africain : un continent riche en ressources naturelles et humaines, mais encore trop dépendant des financements extérieurs. Il a notamment évoqué les fonds de pension africains, estimés à près de 800 milliards de dollars, comme un levier financier majeur encore sous-exploité.
« Ces capitaux doivent être mobilisés pour financer notre propre développement. L’Afrique ne peut plus attendre que d’autres décident à sa place », a-t-il martelé, appelant à une gouvernance financière plus souveraine et à une meilleure coordination continentale.
Dans un contexte de rivalités géoéconomiques croissantes, le ministre congolais a également interpellé l’Union européenne, l’invitant à renforcer ses investissements sur le continent africain. Un appel à la responsabilité, mais aussi à l’intelligence stratégique : « L’Afrique n’est pas un risque, c’est une opportunité. »
La RDC, riche en minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale, entend jouer un rôle central dans cette nouvelle architecture. Elle mise sur la sécurisation du commerce multilatéral, la montée en gamme industrielle et la construction de partenariats durables, loin des logiques extractives du passé.
Réunissant près de 3 000 dirigeants politiques, économiques et intellectuels, le Forum de Davos 2026 s’est imposé cette année encore comme un baromètre des tensions et des ambitions planétaires. Pour Kinshasa, cette tribune internationale est une opportunité stratégique : celle de faire valoir une diplomatie économique offensive, alignée sur les intérêts du continent et portée par une vision claire de l’avenir.
Merveille Maleya


