La crise sécuritaire qui secoue l’ouest de la République démocratique du Congo franchit un nouveau seuil d’inquiétude. Alors que le conflit entre les communautés Teke et Yaka dans le territoire de Kwamouth semblait d’abord cantonné à des revendications foncières, il s’est progressivement mué en une insurrection armée, désormais connue sous le nom de phénomène Mobondo. Une rébellion qui, selon l’armée congolaise, bénéficierait de complicités jusque dans les hautes sphères du pouvoir.
C’est à Kikwit, samedi dernier, que le capitaine Anthony Mwalushay, porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC) pour les opérations « Ngemba », a tenu des propos particulièrement graves. Devant la presse, il a affirmé que des individus proches du président de la République seraient impliqués dans le soutien au mouvement Mobondo.
> « Le jour, ils se présentent comme des agneaux, mais la nuit, ce sont eux qui commandent les Mobondo », a-t-il déclaré, cité par Radio France Internationale (RFI).
Selon l’officier, des combattants capturés auraient livré des informations compromettantes lors des interrogatoires. Plusieurs noms auraient été cités, mais les services de renseignement poursuivent leurs investigations avant toute divulgation publique. Le capitaine Mwalushay a également évoqué des contacts entre les Mobondo et certains groupes armés opérant dans l’est du pays, laissant entrevoir une possible coordination entre foyers d’instabilité.
Face à ce qu’elle considère comme une tentative de manipulation politique, l’armée se veut intransigeante. « Même si certains cherchent à nous faire reculer, nous ferons notre travail avec les armes », a-t-il prévenu, dénonçant les pressions visant à obtenir un désengagement des forces de sécurité.
Les FARDC assurent poursuivre les opérations jusqu’à l’éradication totale du mouvement Mobondo, tout en appelant les insurgés à se rendre. « La menace n’est pas seulement à l’est. Elle est aussi à l’ouest », a insisté le porte-parole.
Ces déclarations interviennent dans un climat de tension croissante, alors que la rébellion s’étend à plusieurs zones et se rapproche dangereusement de Kinshasa. Elles posent une question cruciale : l’État congolais saura-t-il faire face à cette menace sans céder aux jeux d’influence internes ?
Merveille Maleya


