C’est une affaire qui défie la logique judiciaire et menace les fondements mêmes de l’État de droit. Alors que Julianites Holdings avait remporté en toute légalité l’adjudication d’un lot de minerais appartenant à la Shituru Mining Corporation — une vente validée par la justice congolaise — son représentant, Grâce Celestino, a été arrêtée le 24 décembre et demeure détenue au parquet de Lubumbashi. À l’origine de cette arrestation : une plainte déposée par Maître Hugues Pulusi un avocat radié du barreau de Kinshasa Matete.
Et pourtant, les faits juridiques sont limpides.
Julianites Holdings avait remporté, en toute légalité, l’adjudication d’un lot de minerais appartenant à la société Shituru Mining Corporation. Cette vente aux enchères, organisée pour apurer une créance de SMCO envers Maître Joël Mwamba, avait été validée par les juridictions compétentes. Le procès-verbal avait été signé le 30 aout 2024.Julianistes Holdings a payer 1.800.000 USD et le reste d’argent, elle attend que toute la marchandise sortent pour apurer la créance donc, la transaction est réputée conclue. Aucun recours n’avait été introduit dans les délais. En droit, l’affaire était terminée.
Mais quelques mois plus tard, Maître Pulusi surgit. Radié du Barreau de Kinshasa/Matete pour manquement au devoir de probité — décision n° RD 702 par BRKG/CO/2024 — il prétend agir au nom d’un tiers et conteste l’adjudication. Sa démarche est rejetée. Il dépose alors une plainte pénale visant Grâce Celestino.
Pire encore : Maître Pulusi aurait fabriqué une fausse adjudication, en complicité avec le cabinet Mavumba, Nadine Kabi et un huissier de justice, affirmant que ce n’est pas Julianites Holdings qui avait remporté le marché, mais une société dénommée Rhino Mining.
Mais une question capitale surgit : si Julianites Holdings n’avait pas remporté l’adjudication, pourquoi Maître Pulusi a-t-il utilisé son nom pour faire sortir les marchandises des entrepôts ? Pourquoi recourir à l’identité juridique de Julianites pour exécuter une opération logistique aussi sensible, si une autre société — Rhino Mining — était réellement adjudicataire ? Ce paradoxe éclaire la duplicité de la manœuvre.
Ce qui aurait pu passer pour une initiative isolée prend une toute autre dimension lorsqu’on rappelle que Maître Joël Mwamba, créancier initial dans cette affaire, a longtemps travaillé dans le cabinet de Maître Pulusi. Ce lien n’a jamais été dissimulé. Il est connu, documenté, assumé.
Dès lors, cette plainte est-elle le fruit d’une stratégie concertée entre un avocat radié, son ancien collaborateur, et certains membres de la SMCO ? Car si la société minière avait accepté la vente, signé le procès-verbal et reconnu la créance apurée, pourquoi n’a-t-elle pas dénoncé cette tentative de remise en cause tardive ? Pourquoi ce silence, voire cette complaisance, face à une initiative portée par un homme sans qualité juridique ?
L’arrestation de Grâce Celestino, sur la base d’une plainte émanant d’un avocat radié, révèle une faille grave dans le fonctionnement de la justice. Elle montre qu’un acteur disqualifié peut encore manipuler les leviers judiciaires, avec l’appui d’un ancien collaborateur et la passivité d’une entreprise pourtant partie prenante à la procédure initiale. Elle expose aussi les justiciables à des risques d’arrestation arbitraire, même dans des affaires déjà jugées.
Le fait que cette manœuvre ait été menée sans dissimulation, à visage découvert, renforce le malaise. Elle donne le sentiment que certains peuvent contourner les règles en toute impunité, au vu et au su de tous. D’autant plus que Maître Pulusi affirme agir au nom de la famille présidentielle — une déclaration d’une extrême gravité, qui engage la personne du chef de l’État.
L’affaire SMCO n’est pas un simple contentieux minier. Elle est devenue le révélateur d’un dysfonctionnement plus profond, où la frontière entre droit et influence s’efface. Elle interroge sur la capacité des institutions à faire respecter leurs propres décisions, à protéger les justiciables contre les abus de procédure, et à garantir l’intégrité du système judiciaire.
Grâce Celestino est toujours détenue au parquet de Lubumbashi et risque d’aller en prison un de ce quatre matin. Son arrestation, dans une affaire déjà tranchée, sur la base d’une plainte infondé met en péril bien plus qu’une entreprise. Elle met en cause la crédibilité même de la justice congolaise.
Il est temps d’interpeller le ministre de la Justice. Peut-on encore tolérer qu’un avocat radié, reconnu coupable de manquement à la probité, fabrique de faux actes judiciaires, manipule des procédures, usurpe l’identité d’une société pour faire sortir des marchandises, et fasse arrêter un citoyen dans une affaire déjà jugée ? Peut-on accepter que son nom soit associé à celui de la République sans réaction officielle ?
Nous interpellons également le Président de la République : Maître Pulusi affirme agir au nom de votre famille. Ce silence, s’il perdure, devient caution. Il est urgent de clarifier. Urgent de dire si, oui ou non, la plus haute autorité de l’État accepte que son nom soit utilisé pour couvrir des manœuvres illégales.
Car dans une République digne de ce nom, la justice ne doit pas plier devant l’influence. Elle doit s’imposer par le droit. Et le droit, ici, a déjà parlé.
La Rédaction


