Pendant des années, son nom a circulé dans les couloirs feutrés du football mondial. Constant Omari, dirigeant influent de la FECOFA et figure montante de la CAF, semblait incarner une certaine idée du leadership africain dans les instances internationales. Certains observateurs le voyaient déjà comme un potentiel candidat à la présidence de la FIFA. Mais une affaire de droits télévisés, remontant à 2016, aurait pu changer la donne.
À cette époque, la Confédération africaine de football s’apprête à renouveler les droits de diffusion de ses compétitions majeures. Deux groupes sont en lice : LC2, diffuseur panafricain bien implanté, et Lagardère Sports, acteur majeur du marketing sportif européen. Constant Omari, alors vice-président de la CAF chargé des finances, aurait joué un rôle central dans les négociations.
Des documents internes et des investigations menées par la FIFA suggèrent qu’un montant de 64 444 dollars aurait été versé à Omari par Lagardère, possiblement en échange d’un traitement favorable dans l’attribution du contrat. Ce dernier, signé pour une durée de douze ans, aurait été conclu dans des conditions jugées peu transparentes par certains analystes.
Le contrat aurait eu des répercussions importantes sur le paysage audiovisuel africain. Plusieurs chaînes locales, dont LC2, se seraient retrouvées confrontées à des tarifs jugés prohibitifs pour accéder aux compétitions de la CAF. Une dette de 20 millions de dollars aurait été accumulée par LC2, tandis que d’autres diffuseurs auraient renoncé à leurs droits.
Des voix critiques ont estimé que ce partenariat aurait privé la CAF de revenus significatifs, tout en réduisant la visibilité du football africain sur le continent lui-même.
Lorsque Constant Omari prend la tête de la CAF par intérim en 2020, à la suite de la suspension d’Ahmad Ahmad, son influence semble à son apogée. Mais dans le même temps, la CAF aurait sollicité la FIFA pour ouvrir une enquête sur les conditions d’attribution du contrat Lagardère.
En janvier 2021, la FIFA annonce une série de sanctions à l’encontre d’Omari. Il est suspendu de toute activité liée au football pour une durée d’un an, sommé de quitter la présidence de la FECOFA, et écarté du Conseil de la FIFA. Une amende de 66 444 dollars lui est également infligée. Ces mesures, bien que contestées par certains, ont été interprétées comme un signal fort en matière de gouvernance.
Si certains proches de Constant Omari continuent de défendre son intégrité, estimant que les accusations n’ont pas été suffisamment étayées publiquement, d’autres y voient le symbole d’un système où les conflits d’intérêts et les arrangements opaques auraient longtemps prévalu.
Quoi qu’il en soit, l’affaire a mis un coup d’arrêt brutal à une carrière internationale qui semblait promise à de plus hautes destinées. Le nom d’Omari, autrefois associé à la réforme et à la diplomatie sportive, reste désormais lié à une affaire dont les zones d’ombre n’ont peut-être pas encore livré tous leurs secrets.
Merveille Maleya


