Dans une salle solennelle du Capitole américain, le président Félix Tshisekedi a apposé sa signature sur un accord de paix historique avec son homologue rwandais, Paul Kagame. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce geste n’est ni une capitulation, ni un oubli. C’est un acte de souveraineté, un pari sur la paix sans renoncer à la mémoire ni à la justice.
« Ce que nous signons aujourd’hui n’est pas un chèque en blanc », a déclaré le chef de l’État congolais, d’un ton grave. L’accord, négocié sous l’égide des États-Unis, engage la RDC à neutraliser les FDLR, tandis que le Rwanda s’engage à retirer ses troupes du territoire congolais et à cesser tout soutien aux groupes armés. Un équilibre fragile, mais assumé.
Tshisekedi l’a martelé : la paix ne peut être durable que si elle repose sur la vérité, la justice et le respect mutuel. Il n’a pas serré la main de son homologue rwandais. Un silence éloquent, qui en dit long sur la méfiance persistante.
Depuis le début de son mandat, Félix Tshisekedi a fait de la souveraineté nationale un principe non négociable. À Washington, il l’a réaffirmé avec force. « Nous prenons nos responsabilités. Les groupes armés qui sèment la terreur dans notre pays, qu’ils soient congolais ou étrangers, n’auront plus de sanctuaire », a-t-il déclaré.
Ce positionnement clair a été salué par de nombreux Congolais comme un acte de fermeté et de dignité. Car signer un accord, ce n’est pas oublier. C’est choisir de construire, sans effacer les cicatrices.
La médiation américaine, portée par le président Donald Trump, a permis de débloquer un dialogue longtemps gelé. Mais c’est bien la voix congolaise qui a dominé la scène. Entouré de ses porte-parole Patrick Muyaya et Tina Salama, Tshisekedi a tenu à expliquer lui-même les termes de l’accord, dans un souci de transparence.
Pendant ce temps, à l’Est, les combats se poursuivent. Une réalité que le président n’a pas éludée : « Pendant que nous parlons ici de paix, nos soldats tombent encore. Cela montre l’urgence de traduire cet accord en actes concrets. »
L’accord de Washington n’efface ni les douleurs ni les doutes. Mais il ouvre une brèche. Une possibilité. Et c’est là que réside la force du président : avoir su transformer une impasse militaire en opportunité diplomatique, sans jamais trahir les attentes de son peuple.
Merveille Maleya


