PDL 145T : Tshisekedi ordonne, le gouvernement Suminwa boude

PDL 145T : Tshisekedi ordonne, le gouvernement Suminwa boude

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C’était censé être le programme-phare du quinquennat, le symbole d’un État qui se redéploie, qui répare, qui investit enfin là où il avait déserté. Le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL 145T) devait incarner la promesse d’un développement équitable, visible, concret. Mais à quelques semaines de l’échéance fixée par le président Félix Tshisekedi, le verdict est brutal : le Gouvernement Suminwa n’a pas tenu parole.

Le chef de l’État avait pourtant été clair. Lors de plusieurs conseils des ministres, il avait exigé que la première phase du programme soit achevée d’ici décembre 2025. Il avait rappelé que ce chantier n’était pas un projet parmi d’autres, mais un test de crédibilité pour l’action publique. Un test aujourd’hui raté.
Sur les 2.130 ouvrages promis — écoles, centres de santé, routes — seuls 1.011 ont été livrés. Moins de la moitié. Un chiffre qui claque comme un aveu d’impuissance. Ou pire : d’indifférence.

La Première ministre Judith Suminwa avait reçu mandat de coordonner l’effort national, de mobiliser les ministres sectoriels, de faire pression sur les gouverneurs. Mais sur le terrain, les lenteurs administratives, les blocages budgétaires et l’absence de suivi ont eu raison des ambitions. Le pilotage du programme s’est noyé dans les silences, les promesses creuses et les rapports d’étape sans impact.
> « Le succès de cette première phase est crucial pour restaurer la confiance du peuple en l’État », avait averti le président. Ce message n’a pas été entendu. Ou pas pris au sérieux.

Certes, la guerre à l’Est a ralenti certains chantiers. Mais elle ne saurait justifier un taux d’exécution aussi faible à l’échelle nationale. Le problème n’est pas conjoncturel. Il est structurel. Il est politique. Il est administratif. Il est humain.

Le PDL 145T devait rapprocher l’État des citoyens. Il risque aujourd’hui de creuser davantage le fossé. Car au-delà des infrastructures non livrées, c’est la parole publique qui vacille. Comment croire encore aux promesses si même les projets les plus emblématiques échouent à aboutir ?
Ce programme portait une charge symbolique immense. Il devait réparer l’injustice territoriale, redonner espoir aux zones rurales, réconcilier le pays avec lui-même. Il est en passe de devenir le miroir d’un pouvoir qui parle fort mais agit peu.

Le Gouvernement Suminwa ne pourra pas se contenter d’un mea culpa technique. Il devra rendre des comptes. Expliquer. Corriger. Et surtout, livrer. Car l’échec du PDL 145T n’est pas seulement un échec de gestion. C’est un échec de vision, de méthode, de volonté.

Le temps des bilans cosmétiques est révolu. Ce que les Congolais attendent, ce ne sont pas des chiffres, mais des écoles ouvertes, des centres de santé fonctionnels, des routes praticables. Ce qu’ils attendent, c’est que l’État tienne enfin ses promesses.

MMN

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