La République Démocratique du Congo vient de franchir un cap décisif dans sa stratégie d’ouverture économique. Grâce à un travail diplomatique soutenu, le pays bénéficie désormais d’un accès préférentiel au marché britannique, permettant à 99,8 % de ses produits d’y entrer sans droits de douane. Une avancée majeure portée par le ministre du Commerce extérieur, artisan discret mais déterminé de cette percée commerciale.
C’est dans une atmosphère empreinte de solennité que le ministre a lancé officiellement, aux côtés de l’ambassadrice du Royaume-Uni en RDC, Mme Alyson King, le nouveau partenariat commercial entre les deux pays. Cet accord, fruit de plusieurs années de négociations techniques et diplomatiques, place la RDC parmi les bénéficiaires du régime britannique de préférences commerciales.
« Ce n’est pas seulement un accord douanier. C’est une porte ouverte sur un marché stratégique, une reconnaissance de la qualité de nos produits et de notre potentiel économique », a déclaré le ministre lors de la cérémonie.
Parmi les produits désormais éligibles à l’exportation sans taxe vers le Royaume-Uni, le café, le cacao et les épices figurent en tête de liste. Ces filières, longtemps marginalisées, bénéficient aujourd’hui d’un regain d’intérêt. Le ministre a insisté sur l’importance de structurer ces chaînes de valeur pour répondre aux standards internationaux : « Nos producteurs doivent se préparer à cette nouvelle donne. Le marché britannique est exigeant, mais il est aussi porteur d’opportunités considérables. »
Jusqu’ici, les échanges commerciaux entre la RDC et le Royaume-Uni restaient modestes, autour de 100 millions de dollars par an. Le ministère du Commerce extérieur ambitionne désormais de porter ce volume à 1,5 milliard de dollars d’ici 2030. Une trajectoire ambitieuse, mais réaliste selon le ministre, qui voit dans cet accord un levier de diversification économique : « Nous devons sortir du tout-minier. Cet accord est un outil pour valoriser notre agriculture, notre artisanat, notre industrie locale. »
Conscient des défis liés aux normes d’exportation, le ministère a noué des partenariats avec des institutions de référence telles que le Centre du Commerce International (CCI), TradeMark Africa et le British Standards Institute (BSI). Ces partenaires accompagneront les services publics comme l’Office Congolais de Contrôle (OCC), ainsi que les producteurs privés, dans la mise à niveau technique et réglementaire.
Pour faciliter l’accès à l’information, le ministère du Commerce extérieur a mis en ligne un Portail d’Informations Commerciales, véritable guichet numérique destiné aux opérateurs économiques. Ce portail centralise les données sur les procédures douanières, les normes exigées et les opportunités de marché.
Avec cet accord, la RDC ne se contente pas d’exporter des produits : elle exporte une ambition. Celle d’un pays qui veut transformer ses ressources en richesses partagées, et faire du commerce international un moteur de développement inclusif.
Merveille Maleya


