Face à la dégradation alarmante de la salubrité dans la capitale congolaise, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, fait l’objet de deux missions de contrôle d’urgence, diligentées respectivement par le ministère de l’Intérieur et la Présidence de la République.
Selon des sources concordantes, la première mission est menée par des inspecteurs de la territoriale, agissant sur instruction du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo. Elle vise à évaluer la gestion administrative et financière de la ville, notamment en ce qui concerne les fonds alloués à l’assainissement urbain.
En parallèle, une seconde mission, plus politique, a été ordonnée par le directeur de cabinet du chef de l’État, Anthony Nkinzo. Une délégation présidentielle conduite par Don-Beaudrick Kilola, conseiller spécial en charge de l’Environnement, de l’Urbanisme et de la Mobilité, est attendue à Kinshasa du 27 au 28 novembre pour auditer le fonctionnement du Fonds d’Assainissement de Kinshasa (FONAK).
Créé par l’Édit 003/2013, le FONAK est censé coordonner les efforts d’assainissement de la capitale. Mais son efficacité est aujourd’hui remise en cause, alors que les images de montagnes d’immondices et de caniveaux obstrués alimentent l’indignation populaire.
Lors du Conseil des ministres du 14 novembre, le président Félix Tshisekedi a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’état de la ville, qualifiant la situation de « catastrophique ». Il a exigé des comptes sur l’utilisation des ressources publiques affectées à la salubrité.
Ces deux audits simultanés traduisent une perte de confiance manifeste envers l’exécutif provincial. Ils pourraient déboucher sur des sanctions administratives, voire des poursuites judiciaires, si des irrégularités majeures venaient à être établies.


Merveille Maleya


