Le ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine se retrouve au centre d’une polémique après la fuite d’un document évoquant une demande d’un million de dollars pour soutenir le concert de Fally Ipupa au Stade de France. Si l’événement est salué comme un exploit pour la culture congolaise à l’international, cette initiative soulève de vives critiques dans le secteur culturel local.
Le commentaire d’un internaute, largement relayé sur les réseaux sociaux, met le doigt sur une réalité amère ,pendant que des stars confirmées reçoivent l’attention des autorités, des structures culturelles de proximité ferment discrètement, faute de soutien.
C’est le cas du centre Aw’Art et des Éditions Miezi, deux projets bien connus du public et des professionnels de la culture, aujourd’hui à l’arrêt faute de financement.
Des jeunes artistes, porteurs de projets culturels innovants, affirment que leurs lettres de demande de soutien restent sans réponse. Une situation qui contraste avec la promptitude du ministère à mobiliser de grosses sommes pour un événement international déjà financé par des producteurs privés.
La critique ne vise pas Fally Ipupa lui-même, mais le choix politique de prioriser un événement qui, selon les proches de l’artiste, n’a pas besoin de soutien financier public.
« Ce concert a un producteur et les billets sont vendus à 99 %. Le ministère n’a rien financé jusqu’ici », a déclaré Eddy Badiata, collaborateur de l’artiste.
Pour beaucoup, cette somme aurait pu être investie dans des projets culturels locaux en difficulté, qui manquent de peu pour survivre : loyers, matériel, communication, formation.
Ce débat révèle un besoin urgent de réorientation de la politique culturelle en RDC :
– Soutenir les acteurs émergents et les petites structures ;
– Garantir un accès équitable aux fonds publics ;
– Créer des mécanismes transparents d’appel à projets et de subvention.
Loin de rejeter les grandes figures culturelles, cette position invite simplement à ne pas oublier la base, là où se forge la relève, là où la culture vit au quotidien, loin des projecteurs et des grandes scènes internationales.
La culture congolaise ne se limite pas aux stars. Elle commence dans les quartiers, les centres, les livres, les ateliers.C’est là que le ministère doit aussi investir.
Tabitha-Tifanny Moseka


