Tandis que la Banque Centrale du Congo (BCC) publie ses taux indicatifs du jour — 1 USD à 2 309,56 CDF, 1 EUR à 2 750,13 CDF, et 1 GBP à 3 162,78 CDF — une autre réalité s’impose dans les rues de Kinshasa : celle d’un marché parallèle qui impose ses propres lois, au mépris de toute régulation institutionnelle.
Les cambistes de rue, sans mandat ni transparence, affichent un taux de 1 USD à 1 800 CDF, creusant un écart de plus de 500 CDF par dollar. Ce n’est pas une simple fluctuation : c’est une manipulation délibérée, un sabotage économique qui fragilise la monnaie nationale et désoriente les citoyens.
Ce taux parallèle, présenté comme une opportunité, est en réalité un instrument de désordre :
– Il fausse les prix du marché, poussant les commerçants à indexer leurs tarifs sur des références illégitimes.
– Il alimente une inflation déguisée, où le citoyen paie plus sans comprendre pourquoi.
– Il décrédibilise la Banque Centrale, reléguée au rang de spectateur dans un théâtre monétaire anarchique.
Ces pratiques ne relèvent pas de la débrouille : elles constituent une atteinte directe à la souveraineté financière de la République.
Installés aux carrefours, aux abords des marchés et dans les zones de transit, les cambistes opèrent en toute impunité. Leur pouvoir ne repose ni sur la loi ni sur la compétence, mais sur l’urgence des besoins et la désinformation. Chaque transaction devient un piège, chaque taux un mensonge.
> Ils ne stabilisent pas l’économie : ils la déstabilisent.
Face à cette dérive, l’État ne peut rester silencieux. Il est urgent de :
1. Renforcer les contrôles sur les points de change informels.
2. Sanctionner les pratiques frauduleuses.
3. Lancer une campagne nationale de sensibilisation, pour réhabiliter les taux officiels comme seuls repères légitimes.
> Refuser les taux de rue, c’est refuser l’anarchie monétaire.
L’écart entre les taux officiels et ceux des cambistes n’est pas une anecdote : c’est le symptôme d’un affaiblissement de l’État face à une économie parallèle. En dénonçant ces pratiques et en réaffirmant l’autorité de la BCC, c’est la stabilité, la transparence et la dignité économique de la RDC que l’on défend.

Merveille Maleya


