L’affaire relance un débat crucial en République démocratique du Congo : celui de la sécurité alimentaire et du contrôle des produits distribués. Tony Cassius Bolamba, consultant international et ancien gouverneur, affirme avoir été victime d’une intoxication alimentaire après avoir consommé un produit impropre acheté au supermarché Kin Marché, situé sur le Boulevard du 30 Juin, dans la commune de Gombe.
Selon son témoignage, trois jours de malaise aigu ont suivi la consommation. Alertée, l’enseigne aurait dépêché un avocat du Cabinet Raphael Kibuka à son domicile pour entamer une négociation à l’amiable. Mais cette tentative aurait été rapidement abandonnée : Kin Marché aurait déclaré ne plus vouloir négocier, se considérant uniquement comme importateur et distributeur.
> « Peut-être sûr de ses parapluies ? La justice congolaise nous départagera. Si Kin Marché fait confiance à ses parapluies, moi je fais confiance à la justice de mon pays », déclare M. Bolamba, dans une formule qui dénonce implicitement les mécanismes d’impunité et les protections informelles dans le secteur commercial.
Ce témoignage ne doit pas rester isolé. Il révèle une faille structurelle dans la chaîne de contrôle sanitaire et commerciale. Quand un citoyen — ancien gouverneur de surcroît — doit se battre seul pour dénoncer un produit toxique, c’est toute une architecture institutionnelle qui vacille.
Dans son message, M. Bolamba rend hommage à Floribert Bwana Chui, fonctionnaire assassiné pour avoir refusé l’entrée de marchandises toxiques sur le territoire, récemment béatifié comme martyr de la lutte contre la corruption. Il évoque également les nombreux Congolais décédés suite à la consommation de produits impropres, dans un appel à la mémoire civique.
Il est urgent que les autorités compétentes — ministère de la Santé, agences de contrôle, justice — sortent de leur silence et assument leur rôle. Dans une République qui se veut protectrice, la sécurité alimentaire ne peut être une option, mais une obligation.


