La déclaration du Président Félix Tshisekedi selon laquelle « l’État ne donne pas d’emplois aux gens » a déclenché une salve de critiques, notamment de la part de l’opposant Delly Sessanga. Mais derrière l’indignation affichée, c’est une stratégie de relecture biaisée du propos présidentiel qui se dessine, bien plus qu’un débat de fond sur les politiques publiques d’emploi.
En réalité, le propos présidentiel s’inscrit dans une vérité économique largement établie : plus de 90 % des emplois dans le monde sont créés par le secteur privé, selon la Banque mondiale. L’État, dans cette configuration, n’est pas un distributeur d’emplois, mais un architecte de l’environnement économique, chargé de garantir la stabilité, la transparence et l’attractivité du marché.
Félix Tshisekedi ne s’est pas dérobé à ses responsabilités : il a rappelé que l’État doit favoriser l’investissement, assainir le climat des affaires et soutenir l’entrepreneuriat, notamment chez les jeunes. Ce positionnement, loin d’être un désengagement, est une tentative de rupture avec une vision clientéliste de la fonction publique, souvent perçue comme unique voie vers la sécurité sociale.
Delly Sessanga, en choisissant de caricaturer cette déclaration, instrumentalise une vérité économique pour servir une rhétorique populiste, qui flatte les attentes immédiates sans proposer d’alternative structurelle. Sa critique, dénuée de nuance, occulte les enjeux de transformation du marché du travail congolais, et alimente une confusion entre rôle social de l’État et emploi direct.
La jeunesse congolaise mérite mieux qu’un duel de slogans. Elle mérite un débat rigoureux sur les leviers de création d’emplois, sur la réforme de la formation professionnelle, et sur les mécanismes d’insertion dans un tissu économique dominé par l’informel. L’opposition, si elle veut être crédible, doit cesser de confondre posture et projet.
Merveille Maleya


