Dialogue national ou diversion stratégique : Vital Kamerhe au cœur d’un brouillage politique

Dialogue national ou diversion stratégique : Vital Kamerhe au cœur d’un brouillage politique

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Dans un pays où l’Est est ravagé par une guerre d’agression menée par le M23 avec l’appui du Rwanda, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, relance l’idée d’un dialogue national inclusif. Mais derrière cette posture de rassembleur, se dessine une mécanique politique troublante : celle d’un discours qui esquive l’ennemi, brouille les responsabilités, et pourrait bien servir un agenda qui dépasse les frontières congolaises.

Le 19 août 2025, lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre belge des Affaires étrangères, Vital Kamerhe a plaidé pour un dialogue national entre toutes les forces politiques et sociales. Il affirme que « le président est plus fort entouré de toutes les forces que seul avec sa majorité ». Ce message, en apparence rassembleur, intervient alors que le M23, soutenu par Kigali, continue de massacrer des civils et d’occuper des territoires dans le Nord-Kivu.

Mais ce qui frappe, c’est l’absence de désignation claire de l’agresseur. Kamerhe parle de paix, de cohésion, de diplomatie. Il ne parle pas de Paul Kagame. Il ne parle pas du M23. Et dans ce silence, l’ennemi avance.
 Le verbe rassembleur devient un écran de fumée. Et derrière le brouillard, Kigali trace sa route.
Le discours de Kamerhe s’inscrit dans la dynamique du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », porté par la CENCO et l’ECC. Cette initiative, saluée pour son ambition, est pourtant critiquée par le Conseil Inter-Religieux Congolais (CIC) pour ses omissions stratégiques : absence de reconnaissance explicite de l’agression rwandaise, flou sémantique, déséquilibre géographique.
En prônant la paix sans vérité, le Pacte social crée un espace de dialogue où l’ennemi est effacé du récit. Et dans cet espace, le Rwanda devient un acteur périphérique, alors qu’il est au cœur du conflit.
 Le Pacte social désarme le pays sur le plan symbolique. Kamerhe en devient le porte-voix.
Vital Kamerhe se repositionne comme homme de paix. Mais ce positionnement soulève une question : peut-on incarner le leadership national sans incarner la résistance ? En évitant la rhétorique de la riposte, Kamerhe adopte celle du compromis. Et ce compromis, dans un contexte d’agression, ressemble à une reddition rhétorique.
 Se poser en rassembleur sans désigner l’agresseur, c’est rassembler pour se rendre.
Dans un moment où la souveraineté est attaquée, où les frontières sont violées, où les populations sont déplacées, le Congo n’a pas besoin de mots apaisants. Il a besoin de vérité, de mobilisation, de stratégie.
Le dialogue proposé par Vital Kamerhe, s’il n’est pas précédé d’une dénonciation claire de l’agression rwandaise, devient une diversion. Une mise en scène politique qui permet à l’ennemi de consolider ses gains pendant que la République débat.
 Kamerhe parle de paix, mais oublie la guerre. Et dans cet oubli, c’est la souveraineté qui vacille.

Merveille Maleya

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