Le théâtre des illusions: Comment le Congo s’est laissé déposséder de sa ligne de front à Doha

Le théâtre des illusions: Comment le Congo s’est laissé déposséder de sa ligne de front à Doha

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Le jour où Kinshasa a troqué Luanda pour Doha, c’est toute la cartographie du conflit qui a basculé. Ce déplacement, présenté comme une ouverture, a en réalité offert au Rwanda un espace de réhabilitation politique, au moment même où la communauté internationale commençait à cerner son rôle dans l’agression du Kivu.

Paul Kagame n’a pas fui Luanda par caprice. Il a fui parce que Luanda imposait des comptes. À Doha, en revanche, il a trouvé un tapis rouge déroulé par un allié économique stratégique : le Qatar. Ce dernier, loin d’être neutre, détient des intérêts profonds au Rwanda et s’est mué en facilitateur d’un récit alternatif. Résultat : l’agresseur devient interlocuteur, et le Congo perd l’initiative.

Les “pourparlers de Doha” ne sont pas un simple processus diplomatique. Ils sont une opération de blanchiment géopolitique. Le M23, bras armé de Kigali, n’est plus une milice à démanteler, mais un acteur à écouter. Le Kivu, territoire congolais, devient une zone à négocier. Et pendant que Kinshasa patiente, Kigali avance.

Les États-Unis, pourtant auteurs de la résolution 2773, ont vu leur posture s’adoucir. De l’imposition de la paix, on est passé à l’attente des retombées. Doha a neutralisé la pression américaine, transformant l’urgence en protocole. Et Kagame, qui craignait la fermeté de Trump, se permet désormais de rêver d’Uvira, du Katanga, et d’un Congo fragmenté.

Museveni reprend ses ambitions. Ruto s’aligne sur des intérêts impériaux. Et le Qatar, loin de se contenter de faciliter les discussions, forme les militaires rwandais et propose des scénarios où le Kivu devient une extension légitime du Rwanda. Chaque acteur avance ses pions pendant que Kinshasa tergiverse.

Il est encore temps. Le président Tshisekedi peut rétablir une ligne directe avec les États-Unis, en exposant les véritables intentions de Kigali et les effets pervers des pourparlers de Doha. Il s’agit de rappeler que la paix ne se négocie pas dans les salons feutrés du Golfe, mais dans le respect des résolutions et des frontières.

Doha n’est pas un espace de paix. C’est un théâtre d’ambiguïtés. Et chaque jour qui passe sans repositionnement est un jour gagné par ceux qui rêvent d’un Congo affaibli.

Merveille Maleya

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