Entre duplicité diplomatique et stratégie de fragmentation, le M23/AFC impose son agenda sous couvert de négociation.
Doha, août 2025. Ce qui devait sceller une sortie de crise entre Kinshasa et le M23/AFC s’est transformé en révélateur d’un projet politique opaque. L’accord final, dont le contenu a fuité dans les cercles diplomatiques, contredit frontalement la déclaration de principes signée le 19 juillet. À la place d’un processus de paix, c’est une architecture de contrôle territorial et de légitimation militaire qui se dessine.
Une force spéciale à géométrie rwandaise
L’exigence d’une force spéciale composée à 50 % de membres du M23/AFC ne relève pas d’un compromis sécuritaire, mais d’une tentative de verrouillage militaire des zones occupées. Ce dispositif, loin d’une logique de réintégration nationale, consacre une influence étrangère déguisée en solution locale. La neutralité promise vole en éclats.
2027 : l’élection comme outil d’autonomisation
La proposition d’organiser des élections politiques dans les deux Kivus en 2027, sous contrôle du M23/AFC, revient à instaurer une gouvernance parallèle pendant deux ans. Ce calendrier électoral différé, en rupture avec les engagements initiaux, affaiblit l’autorité de l’État et installe une zone grise institutionnelle. Une autonomie de fait, sans le dire.
Kinshasa piégée dans un jeu d’ombres
Céder à ces exigences reviendrait à valider les soupçons d’un affaiblissement du pouvoir central. Les rumeurs d’un pacte secret évoqué par Joseph Kabila en 2018 refont surface : un transfert de pouvoir orchestré, une alliance souterraine, et une RDC fragmentée par le haut. Le silence officiel devient assourdissant.
Une balkanisation méthodique
Le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya semblent tisser une toile diplomatique et militaire autour de l’Est congolais. La nomination d’un consul kényan à Goma, les revendications territoriales du M23/AFC et les manœuvres régionales convergent vers une partition rampante. L’unité nationale devient un champ de bataille silencieux.
Le M23/AFC, proxy assumé »
À travers ses exigences, le M23/AFC ne cache plus son rôle : celui d’un instrument au service des intérêts rwandais. Loin des aspirations congolaises, il impose une logique de domination territoriale, maquillée en processus de paix. L’accord de Doha, loin d’apaiser, révèle une stratégie de conquête.
Merveille Maleya


