C’est dans une ambiance à la fois solennelle et chargée d’attentes que s’est clôturée, samedi soir, la réunion paritaire entre la délégation de l’employeur et le banc syndical de la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO). Pendant deux jours, les représentants des travailleurs et ceux de la direction générale se sont réunis dans la salle de conférences du Guest House Le Triangle, pour une série de discussions jugées cruciales pour l’avenir de l’entreprise.
Initialement prévue pour se terminer le vendredi 15 août, la rencontre a été prolongée jusqu’au samedi 16, signe de la densité des dossiers à traiter et de la volonté des parties de ne pas bâcler les débats. Cette extension, loin d’être une formalité, a permis d’approfondir les points de friction et d’aboutir à des engagements concrets.
La réunion a permis de mettre sur la table plusieurs problématiques longtemps restées sans réponse, notamment :
– Les loyers des bureaux départementaux, dont la gestion opaque a souvent été dénoncée ;
– L’état alarmant des hôpitaux de la SOKIMO, confrontés à un manque criant d’équipements et de médicaments ;
– La situation sociale des agents, marquée par des arriérés de salaires et des dossiers de retraite non traités ;
– L’application du SMIG, exigée par le gouvernement mais encore inégalement mise en œuvre ;
– Des dysfonctionnements administratifs et financiers, qui freinent la performance globale de l’entreprise.
Chaque point a été débattu avec rigueur, dans un climat de franchise parfois tendu, mais toujours orienté vers la recherche de solutions durables.
Si cette réunion a été marquée par la densité des échanges, elle a surtout révélé le leadership affirmé du Directeur Général Pistis BONONGO. Présent à chaque étape du processus, il s’est montré à l’écoute, ferme sur les principes, mais ouvert au dialogue. Son discours de clôture, prononcé tard dans la soirée du samedi, a été salué par les participants comme un moment fort de la rencontre.
> « Nous devons rompre avec les erreurs du passé. La SOKIMO ne peut plus être une entreprise en survie. Elle doit redevenir un acteur stratégique du développement national. », a-t-il martelé.
BONONGO n’a pas hésité à interpeller les plus hautes autorités du pays, appelant le Chef de l’État à accorder son appui personnel à la relance de la société. Pour lui, la redynamisation de la SOKIMO est non seulement une urgence économique, mais aussi un impératif de paix et de stabilité dans le nord-est de la République.
La journée du samedi a été entièrement consacrée à la lecture, correction, adoption et signature du procès-verbal final. Ce document, fruit de longues heures de négociation, consigne les engagements pris par les deux parties et trace les contours d’une nouvelle gouvernance. Sa signature tardive, dans une atmosphère de concentration et de responsabilité, a marqué la fin officielle de la réunion — mais surtout le début d’un nouveau chapitre.
Pour les observateurs, cette réunion paritaire pourrait constituer un tournant décisif dans l’histoire récente de la SOKIMO. Longtemps minée par des crises internes, une gestion controversée et une perte de crédibilité, l’entreprise semble aujourd’hui amorcer une phase de redressement. Les syndicats, tout en restant vigilants, ont salué l’ouverture de la direction et la qualité du dialogue.
La clôture de cette réunion n’est pas un simple acte administratif. Elle incarne une volonté de transformation, portée par un leadership qui assume ses responsabilités et une base syndicale qui exige des résultats. Si les engagements pris sont respectés, la SOKIMO pourrait redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un pilier du développement minier, social et économique de la République démocratique du Congo.
La Transparence


