L’Église catholique dit non à l’école pour les filles enceintes

L’Église catholique dit non à l’école pour les filles enceintes

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L’État congolais veut garder les filles enceintes sur les bancs de l’école. L’Église catholique dit non. En toile de fond, un duel ancien entre inclusion scolaire et principes religieux refait surface, remettant en question la portée de l’éducation publique dans un pays aux convictions multiples.

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté a frappé fort. Le 14 juillet, une circulaire appelle les écoles à accueillir les adolescentes enceintes pour combattre les abandons scolaires et “renforcer l’égalité des chances”. Un geste salué par les défenseurs des droits de l’enfant comme une avancée vers une école plus juste.

Mais du côté de l’Église catholique, la réponse est sans ambiguïté : ce texte ne les concerne pas. Dans une lettre en date du 16 juillet, l’abbé Emmanuel Bashiki, coordinateur national des écoles catholiques conventionnées, affirme que la directive est incompatible avec “la morale et la discipline” qui fondent leur projet éducatif. Il s’appuie sur les accords entre l’État et la CENCO pour exclure leurs établissements de l’application de la mesure.

Les adolescentes enceintes seront redirigées vers d’autres écoles — publiques ou confessionnelles non catholiques — qui appliqueront la directive. La position de l’Église soulève une question brûlante : une école financée par des fonds publics peut-elle refuser une politique d’intérêt général au nom de ses convictions religieuses ?

Pour plusieurs observateurs, la réponse de l’Église illustre une faille systémique : “On parle d’un service public financé par l’État, mais administré selon des règles privées. Cela crée une éducation à deux vitesses.”

Dans sa circulaire, le ministère insiste : les grossesses précoces ne doivent pas être synonymes d’exclusion. Le maintien scolaire devient, selon lui, un enjeu de justice sociale et de développement. “L’école ne peut pas être le lieu de la punition morale. Elle doit être un espace de protection et d’avenir”, plaide un représentant ministériel.

Le bras de fer relance un vieux débat congolais : où s’arrête l’autonomie confessionnelle quand l’éducation devient affaire d’État ? Et dans ce dilemme, qui défend vraiment les intérêts des filles enceintes — leur droit à étudier, à rêver, à choisir ?

Merveille Maleya

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