Au cœur du désert qatari, loin des vallées meurtries du Nord-Kivu, un vent de négociations souffle sur Doha. Ce jeudi, Cheikh Abdulaziz bin Faisal bin Mohammed Al Thani, ministre d’État qatari chargé de l’Intérieur, a enchaîné des rencontres diplomatiques de haut niveau avec deux poids lourds de la région des Grands Lacs : Vincent Biruta, ministre rwandais de l’Intérieur, et Jacquemain Shabani Lukoo, vice-premier ministre congolais. En coulisses : une guerre qui refuse de s’éteindre.
Le ministère qatari de l’Intérieur a révélé sur son compte X que ces échanges visaient à « renforcer la coopération bilatérale » et « améliorer les mécanismes de travail conjoint ». Derrière cette formule aseptisée, une réalité plus crue : celle d’un dialogue diplomatique né d’un conflit qui divise et déracine.
Alors que les discussions entre Kinshasa et le M23 se poursuivent dans les salons feutrés de Doha, sur le sol congolais, le fracas des armes couvre les promesses de réconciliation. Dans Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, des familles entières fuient chaque jour les combats, abandonnant leurs terres au chaos.
Avec ces rencontres bilatérales et son rôle actif dans les négociations entre le gouvernement congolais et les rebelles, le Qatar s’affirme comme un nouveau pivot diplomatique en Afrique centrale. Une position qui s’inscrit dans une stratégie globale d’influence, avec un soutien discret des États-Unis.
De la salle de négociation à la ligne de front, deux mondes s’opposent, mais un espoir subsiste : que Doha ne soit pas seulement le décor d’un sommet, mais le berceau d’une paix durable.
Merveille Maleya


