C’est avec une voix grave et une posture affirmée que le général John Tshibangu a marqué son entrée dans le Grand Kasaï. En mission pour évaluer les lignes de front de la sécurité, il n’est pas venu simplement inspecter — il est venu réveiller les consciences.
Devant les troupes rassemblées, le général a ravivé l’esprit de loyauté envers la République. Il n’a pas mâché ses mots : “Nous sommes là pour la sécurité de ce pays, de ses habitants et de ses dirigeants.” Une déclaration qui sonne comme un rappel solennel des fondements mêmes du service militaire.
Le ton est monté lorsqu’il a abordé la hiérarchie : “Le militaire doit respecter ses supérieurs, qu’ils soient de la PNC ou des FARDC.” Aucune tolérance pour l’indiscipline. Ceux qui bafoueront ces règles seront sévèrement sanctionnés. Une ligne claire est tracée : servir avec honneur ou faire face aux conséquences.
“Vous devez respecter les civils,” a-t-il lancé, rappelant que l’arsenal militaire provient du soutien de la population. Ce message, loin d’être symbolique, vise à reconstruire une confiance souvent mise à mal entre civils et forces de sécurité.
Il n’est pas venu seul : le général a donné instruction au commandant PNC de Tshikapa d’en finir avec le phénomène Kuluna, ce système de violence urbaine qui gangrène la ville. Un signal fort que l’impunité ne sera plus la norme.
Enfin, Tshibangu a annoncé une descente imminente à la prison centrale de Tshikapa, aux côtés de l’auditeur supérieur militaire. Objectif : examiner personnellement les dossiers des soldats et policiers incarcérés. Une démarche rare qui laisse entrevoir une volonté de transparence et d’équité.
Ce discours, livré dans une région trop souvent reléguée aux marges des priorités nationales, sonne comme un appel à l’éveil. Pour Tshikapa, c’est peut-être le début d’un nouvel équilibre entre autorité, proximité et responsabilisation.
Merveille Maleya


