Tshisekedi avait raison: A Doha, le M23/AFC apparaît comme une marionnette

Tshisekedi avait raison: A Doha, le M23/AFC apparaît comme une marionnette

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Le dernier round des négociations entre Kinshasa et le groupe rebelle M23/AFC, tenu sous la médiation du Qatar, vient de dévoiler un paradoxe diplomatique saisissant. Alors que l’enjeu est crucial pour la stabilité de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la délégation du M23/AFC est conduite non pas par ses propres représentants, mais par le ministre rwandais de l’Intérieur, Vincent Biruta. En face de lui, côté congolais, figure Jacquemain Shabani, ministre de l’Intérieur de la RDC.

Ce choix de représentants alimente une lecture politique directe et sans détour : le M23/AFC n’agit pas en tant qu’entité autonome, mais bien comme un relais stratégique du Rwanda. Une configuration qui donne un poids nouveau aux déclarations passées du président Félix Tshisekedi, lequel n’a cessé de qualifier le mouvement de “pantin” manipulé par Kigali. L’absence totale de ses cadres dans une négociation aussi déterminante semble aujourd’hui conforter cette posture.

La médiation qatarienne, appuyée par les États-Unis, l’Union africaine et le Togo en tant qu’observateurs, a insisté sur une représentation politique de haut niveau. Depuis la signature de l’accord RDC–Rwanda le 21 juin, Washington pousse pour une implication élargie des figures ministérielles, afin de garantir le sérieux des engagements pris. Mais le décalage est frappant : là où la RDC parle en son nom propre, le M23/AFC se laisse représenter par un État tiers.

Cette asymétrie transforme les pourparlers en mise en lumière diplomatique. Au lieu d’une confrontation entre deux acteurs autonomes, le dialogue expose un rapport de dépendance, jetant un doute sur la légitimité même du M23/AFC comme partie prenante.

Depuis le mois de mai, les négociateurs ont travaillé sur un projet d’accord visant la démobilisation des groupes armés, leur réintégration et la restauration de la paix. Mais la dissimulation est de moins en moins tenable : la substitution du M23/AFC par un haut responsable rwandais confirme ce que le mouvement cherche à nier depuis des mois — son instrumentalisation par Kigali.

Cette mise en scène diplomatique invalide les discours du M23/AFC prétendant à une indépendance opérationnelle. Leur absence, remplacée par une figure gouvernementale étrangère, dévoile leur statut de force supplétive dans une guerre hybride. Les garants de l’accord de Washington se retrouvent face à un constat clair : les négociations de paix ne sont pas menées avec une rébellion congolaise, mais avec l’État rwandais — habillé du camouflage M23/AFC.

Merveille Maleya

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