Un million de dollars, aucun film : L’affaire FRIVAO-DIVO ou la banalité du pillage organisé

Un million de dollars, aucun film : L’affaire FRIVAO-DIVO ou la banalité du pillage organisé

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Dans une République aux promesses de transparence renouvelées, mais trahies chaque jour dans la pratique, l’affaire du contrat entre le FRIVAO et la société DIVO INTERNATIONAL SARLU incarne une vérité brutale : en RDC, détourner quelques millions est devenu un acte sans gravité — toléré, assimilé, parfois même excusé.

Le Fonds de Réparation pour les Victimes des Atrocités — un instrument censé porter la mémoire des victimes et garantir une justice réparatrice — a confié à l’homme d’affaires Deo Kasongo un contrat de gré à gré pour produire un documentaire sur le Genocost. Un sujet hautement symbolique, manipulé par une mécanique administrative douteuse.

Montant initial : 700 000 $
Versements réalisés : 1 million de dollars
Résultat visible : rien. Aucun film. Aucun extrait. Aucune reddition de comptes.

Ce n’est pas un scandale monumental. Il n’y a pas d’immeubles détournés ni de commissions d’enquête à gros titres. C’est, justement, ce qui rend ce cas plus insidieux : on s’y habitue. Parce que le vol ne porte « que » sur un million, le pays détourne les yeux. Mais chaque million spolié est un avenir sacrifié.

Ce million, c’est un an de salaires pour 250 enseignants. C’est l’équipement d’un hôpital provincial. C’est la mémoire des victimes piétinée au nom de l’entre-soi élitaire.

Ce contrat n’est pas qu’un dépassement budgétaire, c’est une démonstration de pouvoir : celui de signer dans l’ombre, de payer sans contrôle, et de ne pas livrer sans conséquence. Le silence des organes de contrôle, l’inaction judiciaire, et l’acceptation sociale créent une armature d’impunité durable.

Peut-on prétendre construire un État de droit quand une institution censée garantir la justice devient le paravent de pratiques prédatrices ? Ce n’est pas une question de réforme technique, c’est une exigence morale. Il faut publier les contrats, activer les mécanismes de reddition, sanctionner les abus — et surtout, refuser la banalisation du vol.

Parce que dans ce pays, chaque million volé n’est pas abstrait : il est vécu. Il se traduit en vies abîmées, en projets abandonnés, en espoir étouffé.

Merveille Maleya

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