Au lendemain de son investiture, Félix Tshisekedi semblait condamné à l’éphémère. Propulsé à la tête de l’État dans un climat de scepticisme, beaucoup misaient sur une présidence de transition, sans impact durable. Ce sous-estimé chronique, nourri par le prisme d’un héritage paternel omniprésent, a conduit plusieurs figures politiques à orchestrer leur ascension dans l’ombre d’un pouvoir qu’ils croyaient fragile.
Plutôt que d’embrasser une gouvernance bruyante ou vengeresse, Tshisekedi a opté pour une stratégie à bas bruit. En multipliant les alliances, en renforçant son appareil sécuritaire, en remodelant les centres de gravité institutionnels, il a peu à peu dessiné sa propre architecture du pouvoir. Pendant que ses opposants s’enferraient dans des jeux de façade ou des manœuvres régionales risquées, lui bâtissait un socle.
Aujourd’hui, les signes d’un retournement politique sont patents. Des figures jadis triomphantes, convaincues d’être les artisans du vrai pouvoir, se retrouvent acculées ou dépendantes d’alliances incertaines — notamment avec des partenaires extérieurs peu populaires. L’ironie politique est totale : celui qu’on croyait malléable dicte désormais les règles du jeu.
Merveille Maleya


