Kabila en territoire occupé : Médiateur autoproclamé ou architecte du chaos ?

Kabila en territoire occupé : Médiateur autoproclamé ou architecte du chaos ?

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C’est sous le voile de la discrétion que Joseph Kabila a atterri à Bukavu, quelques semaines après avoir mené une tournée confidentielle à Goma. Deux villes désormais sous domination de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23, mouvements rebelles accusés de crimes de guerre et de menaces contre l’intégrité territoriale de la RDC. Et pourtant, c’est précisément sur ces terres occupées que l’ancien président entend « écouter la population » et « proposer des pistes de sortie de crise ».

Mais qui peut encore croire à une démarche neutre quand elle émane d’un homme accusé par Kinshasa de soutenir l’AFC/M23, et qui n’a jamais clairement condamné leur avancée militaire ? Déchu de son immunité sénatoriale, Kabila se drape désormais dans les habits du sage, du rassembleur — tout en opérant dans des zones que les forces armées de la République ont été contraintes d’abandonner.

La mise en scène est bien rodée : rencontres avec des chefs religieux, des notables coutumiers, quelques représentants triés de la société civile. Mais le décor, lui, parle plus fort que les mots. Kabila opère en territoire ennemi, et son silence sur les souffrances infligées aux civils par les forces rebelles laisse un goût d’ambiguïté stratégique.

Dans l’entourage de l’ancien chef de l’État, certains vont jusqu’à nier l’évidence territoriale, affirmant que « Goma reste congolaise » comme si l’occupation militaire n’était qu’un détail administratif. Cette rhétorique, floue et calculée, sert surtout à masquer une posture : celle d’un homme qui cherche à reconfigurer le rapport de force, affaibli politiquement mais encore redouté dans l’Est.

Le timing n’est pas anodin. À l’approche des négociations de paix à Washington et alors que les Églises congolaises appellent à un dialogue national, Kabila tente de s’imposer comme passage obligé. Mais peut-on réellement bâtir la paix avec celui que beaucoup perçoivent comme l’un des architectes du désordre actuel ?

Ce retour spectaculaire ressemble moins à un geste de réconciliation qu’à une manœuvre de survie politique. Et pendant ce temps, des centaines de milliers de civils fuient les combats, tandis que le leadership national peine à rétablir un récit cohérent face aux jeux d’ombres de ses anciens parrains.

Merveille Maleya

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