Alors que Vital Kamerhe se félicite bruyamment de la chute de Constant Mutamba, il semble avoir oublié que son propre nom reste indissociable d’un scandale bien plus grave : celui des maisons préfabriquées du programme des 100 jours. À Cibombo, dans le Kasaï Oriental, ces logements censés incarner une réponse sociale urgente sont aujourd’hui des squelettes de tôle, abandonnés, rongés par le temps — tout comme la mémoire judiciaire qui les entoure.
Kamerhe a été au cœur de ce projet. Il a été jugé, condamné, puis acquitté. Mais les faits, eux, n’ont pas disparu :
– Plus de 50 millions de dollars décaissés
– Des maisons jamais livrées
– Un procès expédié, puis refermé sans que les responsabilités soient pleinement établies
Son acquittement, loin de clore le débat, a ouvert une plaie plus profonde : celle d’une justice perçue comme instrumentalisée, où les puissants peuvent se blanchir pendant que les projets publics pourrissent sur le terrain. Comment expliquer que celui qui a incarné ce fiasco puisse aujourd’hui se poser en donneur de leçons, sans jamais répondre politiquement ni moralement de cet échec ?
Le contraste est brutal :pendant que des familles attendent toujours un toit, Kamerhe parade dans les institutions, comme si l’épisode des préfabriqués n’était qu’un malentendu administratif. Cette posture alimente un sentiment d’injustice corrosif : celui d’un État où les élites recyclent les scandales au lieu de les résoudre.
Et pendant ce temps ? Le procès de Mutamba avance à toute vitesse. Deux poids, deux vitesses. Deux justices. L’une pour les cibles politiques, l’autre pour les intouchables du système.
Il ne s’agit plus seulement d’un dossier oublié. Il s’agit d’un test de crédibilité pour l’État congolais.** Tant que les maisons de Cibombo resteront vides, tant que les responsabilités ne seront pas clairement établies, **le nom de Kamerhe restera associé non pas à la reconstruction, mais à l’échec d’un espoir populaire.
Merveille Maleya


