La 20eme édition de la RDC Mining Week clôturée le 13 juin 2025 à Lubumbashi fait couler beaucoup d’ancre. L’événement qui s’est imposé comme un rendez-vous minier congolais suscite beaucoup de question sur sa gestion et son financement.
Dans un communiqué incisif, l’ Observatoire Africain des ressources naturelles ( AFREWATCH)dénonce la mobilisation massive de fonds publics congolais au profit d’un événement organisé par des opérateurs sud-africains privés, sans garanties claires de retombées économiques pour la République Démocratique du Congo. « Le financement de l’État congolais semble se déverser hors des frontières », alerte AFREWATCH, évoquant un transfert de la majorité des fonds vers l’Afrique du Sud, pays d’origine des organisateurs.
Pour cet ONG, la situation interpelle : comment justifier un tel engagement des institutions publiques (ministères, entreprises d’État) dans un événement qui ne bénéficie pas pleinement à l’économie locale ? L’ONG rappelle qu’une alternative nationale existe, en l’occurrence la Conférence Minière de la RDC, organisée à trois reprises entre 2013 et 2018, avec un ancrage local plus marqué.
Recommandations pour une gouvernance minière plus juste
Parmi les propositions de l’ONG figurent :
– La création d’une commission technique pour évaluer les impacts des éditions précédentes de la DRC Mining Week ;
– La relance de la Conférence Minière nationale avec un soutien accru du secteur privé congolais ;
– Et surtout, une exigence de transparence sur l’origine, la gestion et les bénéficiaires des fonds publics injectés dans ces événements.
Ce débat ravive une question cruciale : qui doit piloter la réflexion minière en RDC ?Et dans quelle mesure les grandes rencontres du secteur doivent-elles servir les intérêts des populations congolaises avant ceux des structures étrangères ?
Alors que les regards se tournent déjà vers la prochaine édition, AFREWATCH lance un appel à la responsabilité, à la transparence et à la souveraineté économique .
Tabitha Tifanny Moseka


