Le processus judiciaire contre Joseph Kabila, initié après la levée de ses immunités parlementaires par le Sénat, semble s’être enlisé dans un silence inquiétant. Pourtant, les charges portées contre l’ancien président sont lourdes : complicité avec la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda, ainsi que des accusations de crimes de guerre et de trahison. Cette décision historique du Sénat, obtenue par une majorité écrasante (88 voix sur 96), avait suscité l’espoir d’un changement dans la lutte contre l’impunité des hautes sphères du pouvoir.
Mais plus de trois semaines après cette levée d’immunité, aucune démarche concrète ne semble avoir été engagée. Où en est l’instruction judiciaire ? Qu’est-ce qui bloque la mise en œuvre des poursuites ? Pendant ce temps, Joseph Kabila poursuit ses activités politiques à Goma, où il rencontre des représentants communautaires et des leaders d’opinion. Ce contraste entre les accusations judiciaires et son activisme politique pose question : la justice est-elle entravée par des considérations politiques ?
Assemblée nationale : un double jeu autour de Moïse Nyarugabo ?
Dans le même registre, l’absence de réaction face à la présence de Moïse Nyarugabo à l’Assemblée nationale intrigue. Suppléant du ministre Alexis Gisaro, il continue de siéger, malgré des soupçons de proximité avec l’ancien régime de Joseph Kabila—au point d’être aperçu dans les cercles de discussions de l’ancien président. Alors que la Constitution et les règlements parlementaires encadrent strictement la suppléance et l’invalidation en cas d’incompatibilités, aucune procédure de révocation n’a été engagée.
L’Assemblée nationale peut-elle ignorer les principes de neutralité institutionnelle face à ces enjeux ? La crainte d’une protection politique de certains élus au détriment de la transparence et de la cohérence républicaine reste réelle. Face à ces silences institutionnels, une surveillance citoyenne et une pression médiatique accrues s’imposent.
L’opinion publique attend des clarifications urgentes. La justice et les institutions doivent démontrer qu’elles ne servent pas des intérêts partisans, mais bel et bien la vérité et l’État de droit.
Merveille Maleya


