Dix-huit jours après sa suspension par le ministère de l’Intérieur, le PPRD de Joseph Kabila vient de franchir une ligne rouge en annonçant, seul et sans aucune validation officielle, la levée de cette sanction. Une audace qui ne relève pas du courage politique, mais d’un calcul risqué, révélateur d’un parti en quête désespérée de légitimité et prêt à défier ouvertement les règles du jeu démocratique.
Accusé de complicité avec le groupe rebelle M23, qui sème le chaos dans l’est du pays, le PPRD aurait pu saisir cette suspension comme une occasion de se réinventer, de clarifier sa position et de renouer avec un électorat déçu. Au lieu de cela, il choisit la posture victimaire, le déni et la provocation. En s’auto-réhabilitant, le parti de Kabila ne fait pas que contester une décision administrative : il fragilise un peu plus l’autorité de l’État et alimente un climat de défiance qui menace la fragile stabilité du pays.
Cette manœuvre, dénuée de tout fondement légal, ressemble à un coup de com’ désespéré, destiné à rallumer la flamme d’une base militante en perte de repères. Mais à quel prix ? En défiant l’État, le PPRD joue avec le feu dans un contexte où la RDC a plus que jamais besoin d’unité et de respect des institutions pour sortir de la crise.
Le silence embarrassé du gouvernement face à cette provocation n’est pas moins inquiétant. Il révèle une incapacité à imposer la loi et à faire respecter ses décisions, ouvrant la porte à une dangereuse dérive où chacun se fait juge de ses propres intérêts.
Au final, ce bras de fer entre le PPRD et le pouvoir ne signe pas un retour triomphal, mais un aveu d’impuissance d’un parti incapable de se renouveler autrement que par la confrontation. Une posture qui ne sert ni la démocratie, ni la paix, mais qui risque au contraire d’enfoncer la RDC dans l’instabilité et le chaos politique.
Merveille Maleya


