Lorsqu’un ancien ministre des Finances critique son propre bilan, il est légitime de s’interroger : autocritique sincère ou repositionnement politique ? Nicolas Kazadi, qui a occupé ce poste entre 2021 et 2023, fait aujourd’hui face à de lourdes accusations, notamment sur le paiement controversé de 451 milliards de francs congolais en 2024.
En 2024, Kazadi a été officiellement accusé par Christian Mwando Nsimba Kabulo, élu national de Moba, d’avoir validé un paiement de 451 milliards CDF au titre de la dette commerciale, sans certification préalable, et sous le couvert d’une urgence budgétaire contestable. Cette dépense représenterait une augmentation de 504 % par rapport aux crédits initialement approuvés. La révélation de cette affaire a ravivé les interrogations sur la gouvernance financière sous son mandat et le manque de transparence dans l’attribution de ces fonds.
Autre dossier embarrassant : l’augmentation exponentielle des établissements publics entre 2019 et 2023, période durant laquelle 53 nouvelles institutions ont été créées sans cadre réglementaire clair. Ce développement, loin d’être anodin, pose une question fondamentale : s’agit-il d’une politique d’expansion administrative mal calibrée ou d’un mécanisme bureaucratique opportuniste ?
Alors que Kazadi tente aujourd’hui de dénoncer certaines dérives budgétaires, une question reste en suspens : reconnaît-il sa propre responsabilité ou tente-t-il de détourner l’attention? Le timing de ses déclarations intrigue, surtout dans un contexte politique où les ambitions futures jouent un rôle clé.
Si sa posture se veut celle d’un acteur critique, elle ne suffit pas à effacer les décisions prises sous son propre mandat. Les chiffres sont là, et la controverse autour du paiement des *451 milliards CDF en 2024* risque de le poursuivre longtemps.
Au-delà du cas Kazadi, cette affaire relance une problématique essentielle : le contrôle des finances publiques et la responsabilité des dirigeants face aux dérives budgétaires.
Mais entre révélations fracassantes et réelles mesures de correction, il y a un gouffre. À défaut de preuves tangibles d’une volonté de réforme, son autocritique pourrait n’être qu’un calcul stratégique de plus dans l’arène politique congolaise.
Kazadi a ouvert un débat. Reste à savoir s’il sera l’artisan d’une réforme ou simplement un témoin gênant de son propre passé.
MM


