Les officiers militaires et policiers ayant fui la ville de Goma au Nord-Kivu face à l’avancée du M23, soutenu par l’armée rwandaise, entre le 25 et le 28 janvier dernier, ont comparu ce jeudi 13 mars devant la Haute cour militaire à Kinshasa.
Il s’agit du Commissaire divisionnaire adjoint Jean-Romuald Ekuka Lipopo, gouverneur intérimaire du Nord-Kivu, du général major Alengbia Nyitetessya, commandant de la 34è militaires, du général de brigade Danny Yangba Tene, conseiller principal du gouverneur militaire du Nord-Kivu en charge de l’ordre public, du général de brigade Papy Lupembe Mobenzo, commandant de la 11ème brigade de rapide et du commissaire divisionnaire adjoint Léonard Mukuna Ntumba, commissaire provincial de la police du Nord-Kivu.
Il est reproché à ces différents officiers d’avoir fui face à l’avancée du M23 et abandonné les troupes à Goma sans commandement. Principalement pour le gouverneur policier intérimaire du Nord-Kivu, la Haute cour estime qu’il s’est rendu coupable de « lâcheté devant l’avancée des forces terroristes du M23/AFC, appuyée par l’armée rwandaise, en prenant fuite à bord d’un bateau privé, accompagné par le commandant de la 34ème région militaire, le général major Alengbia Nyitetessya Nzambe, laissant ainsi les troupes sans commandement ».
La Haute cour rappelle que « ces faits sont prévus et punis par l’article 57 du code pénal militaire ».
Il lui est également reproché d’avoir « violé une consigne générale donnée à la troupe ou une consigne qu’l a personnellement reçue mission de faire exécuter ou porter une consigne donnée à un militaire » .
D’autres chagrins sont mis à charges des prévenus, entre autres la lâcheté, la perte de matériels militaires, l’incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline et la violation des consignes.
La perte des matériels militaires a visiblement préjudicié l’armée, laissant aux mains de l’ennemi un arsenal important, y compris plusieurs armes stratégiques.
Ces officiers sont tous en détention à la prison militaire de Ndolo. Pendant la première audience de ce procès, l’un des avocats de la défense tout comme le procureur général de l’armée ont demandé que les audiences ne soient pas du tout couvertes par la presse au regard du caractère sensible de cette affaire. L’audience est renvoyée au 20 mars prochain et pourrait se tenir à huis clos, loin des caméras de la télévision publique qui a diffusé cette première audience en direct.
On se rappelle qu’après une réunion du conseil de sécurité provincial organisée après l’annonce de la mort au front du gouverneur militaire, Peter Cirimwami, le commissaire divisionnaire Jean-Romuald Ekuka Lipopo, vice-gouverneur policier du Nord-Kivu, avait notamment déclaré que
« si l’armée ennemie croit entrer facilement dans la ville (de Goma), elle aura (à ses trousses) toute la population et toutes les forces de police et de l’armée. Et ça sera son cimetière ».
Alors que la ville de Goma subissait davantage de pressions, coupées de toute voie d’approvisionnement, celui qui assurait l’intérim de fait en tant que gouverneur avait démenti formellement toute information annonçant sa fuite.
« Qu’on ne vous dise pas que le vice-gouverneur ou tel autre a fui. Certes, nous sommes décapités avec la mort du gouverneur, mais nous sommes tous là, rangés, le commandant région, le commissaire provincial de la police, l’amiral de la force navale. La population n’a pas à avoir peur », avait-il proclamé.
Mais environ 48h après, ils avaient tous disparu de Goma, rejoignant par bateau la ville de Bukavu, au Sud-Kivu, laissant les troupes sans commandement. Ce procès est ouvert sur demande du ministre de la justice, Constant Mutamba, qui a estimé que ces officiers ne devraient pas rester impunis parce que ce comportement entame la réputation des FARDC.
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